Le FIDA rappelle l'importance d'un accord sur le changement climatique à la conférence de Varsovie

Au Niger, des plants de poivrons développés pour s’adapter à un climat chaud, à des sols sableux et à de faibles précipitations. Photo: IFAD

8 novembre 2013 – Le Fonds international de développement agricole (FIDA) a rappelé vendredi que le changement climatique fait payer un lourd tribut aux pays en développement. Les petits exploitants agricoles de ces pays étant les plus vulnérables au changement climatique, ce sont eux qui ont le plus besoin d'un accord sur le changement climatique qui est actuellement à l'ordre du jour à la Conférence des parties (COP-19) à Varsovie.

Or, leurs voix ne sont pas entendues à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), prévient le FIDA en soulignant que les estimations sont effrayantes. 49 millions de personnes supplémentaires risquent de connaître la faim d'ici à 2020, 132 millions d'ici à 2050.

Chaque degré d'élévation de la température entraînera une augmentation de 25% des prix alimentaires. En Afrique, entre 75 millions et 250 millions de personnes seront exposées à un stress hydrique d'ici à 2020.

Le changement climatique rend la réduction de la pauvreté plus coûteuse et, si rien n'est fait, sapera les progrès obtenus pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

« Les demi-mesures ne sont pas une réponse au changement climatique. À défaut d'une action urgente, une grande partie des progrès réalisés en vue des Objectifs du Millénaire seront anéantis », prévient le Président du FIDA, Kanayo F. Nwanze, dans un communiqué de presse.

« Nous assisterons à une perte de fertilité des sols, à une détérioration de la santé animale, et à un accroissement des famines, des migrations et des conflits causés par la raréfaction des ressources. Il nous faut dès maintenant évaluer les risques climatiques sur les paysages et les filières avant d'investir ou de prendre des décisions politiques. Ces risques ne peuvent être ignorés plus longtemps », a-t-il ajouté.

L'agriculture et la sylviculture figurent conjointement parmi les plus gros contributeurs à la formation de gaz à effet de serre – respectivement 17% pour la sylviculture et 14% pour l'agriculture. Il existe cependant d'énormes possibilités pour parvenir à une agriculture durable qui réduise les émissions de gaz à effet de serre. Ceci implique de mettre en place des moyens appropriés pour inciter, soutenir et avantager les petits producteurs afin qu'ils développent une gestion des ressources naturelles respectueuse du climat.

Le FIDA invite instamment les négociateurs sur le climat à dépasser leurs divergences de vues pour parvenir à un accord ambitieux à Varsovie, capable de limiter les accroissements de température à deux degrés au maximum, contribuer à créer des incitations adéquates pour une agriculture durable et à faible émission de gaz à effet de serre.

Il doit reconnaître l'importance de l'adaptation au changement climatique des ruraux pauvres et des groupes vulnérables et procurer réellement un financement supplémentaire pour l'adaptation au changement climatique et l'atténuation de ses effets dans les pays en développement.

« Les ruraux pauvres, les agriculteurs, petits ou gros, doivent être partie prenante de la solution », ajoute M. Nwanze. « Le FIDA se tient prêt à faire plus pour soutenir le résultat ambitieux qui naîtra de la CCNUCC réunie à Varsovie ».


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