Réforme du Conseil de sécurité: le Président de l'Assemblée invite les États membres au compromis

Le Conseil de sécurité. UN Photo/Ryan Brown

7 novembre 2013 – Le Président de l'Assemblée générale a exhorté jeudi les États membres à faire preuve d'esprit de compromis alors qu'elles reprennent aujourd'hui leurs discussions sur un sujet qui constitue une pierre d'achoppement depuis une vingtaine d'années à l'ONU: la question de la réforme du Conseil de sécurité.

« Notre Organisation est – et doit rester – un lieu dévolu à la recherche du compromis […]. L'essence même du processus de négociations est le compromis », a déclaré John Ashe à l'ouverture de la réunion annuelle de l'Assemblée sur la question de la représentation équitable au Conseil de sécurité et de l'augmentation du nombre de ses membres.

« Chacun devra faire des concessions si nous voulons trouver un terrain d'entente acceptable », a-t-il insisté.

Le Conseil est actuellement formé de cinq membres permanents dotés du droit de veto – Chine, États-Unis, Fédération de Russie, France et Royaume-Uni – et de 10 membres non permanents, sans droit de veto et élus pour un mandat de deux ans. Certains États membres estiment que cette composition ne reflète pas les réalités géopolitiques du monde d'aujourd'hui.

Les négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil se poursuivent depuis deux décennies et les principaux enjeux en sont la catégorie d'appartenance, la question du droit de veto, la représentation régionale, l'élargissement du nombre des membres et les méthodes de travail du Conseil, comme ses relations avec l'Assemblée.

« Au cours de ma carrière aux Nations Unies, j'ai présidé nombre de processus de négociations. Aucun d'entre eux ne peut être décrit comme facile, et certains étaient extrêmement difficiles. Mais j'ai tiré à chaque fois de précieuses leçons », a déclaré M. Ashe.

« L'une d'elle, c'est que lorsque les délégations se retrouvent à la table des négociations avec un esprit d'ouverture, et sont prêtes à faire des compromis pour parvenir à un résultat acceptable, les négociations sont presque toujours couronnées de succès. »

« Tout aussi vrai est le fait qu'en l'absence d'une volonté de faire des compromis, les négociations se soldent inévitablement par un échec », a-t-il prévenu. « Je vous exhorte donc à faire en sorte que ce ne soit pas le cas sur ce point très important, peut-être le plus important de ceux inscrits à l'ordre du jour de l'Assemblée. »

Pour l'aider à identifier les moyens de faire avancer le processus, le Président a créé un Groupe consultatif composé des ambassadeurs de la Belgique, du Brésil, du Liechtenstein, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, de Saint-Marin et de la Sierra Leone.

« Il faut noter que le Groupe consultatif n'est pas, ni ne peut être, partie à votre processus intergouvernemental. De même, ce groupe n'a pas de mandat pour négocier. Ce mandat appartient aux États membres, dans le cadre du Groupe de négociation intergouvernemental. Et, tout aussi important, le Groupe consultatif n'a pas de mandat pour préparer un projet de résolution, de déclaration ou de document d'aucune sorte. »

Au contraire, comme je l'ai dit, le Groupe a été chargé de proposer des pistes de réflexion pour aider aux négociations, qui débuteront vers le 15 novembre. « J'espère que vos délibérations d'aujourd'hui leur fourniront des éléments en ce sens. »

M. Ashe a rappelé aux délégations, qui devraient être 80 à prendre la parole au cours des deux prochains jours, qu'elles portent définitivement la responsabilité de la direction future des négociations.

« Le succès ou l'échec des négociations intergouvernementales dépendra de vous. Les négociations sont un processus et leur succès dépend entièrement de la façon dont vous choisissez de les mener. »


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