La FAO lance un projet pour améliorer la gestion des pêcheries de thon en haute mer

La FAO estime qu'un tiers des sept principales espèces de thon au monde est l'objet d'une surpêche. Photo: FAO/A. Urcelayeta

6 novembre 2013 – L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) ont lancé mercredi un projet visant à améliorer la viabilité des pêcheries de thon dans le monde en réduisant les prises illégales et en soutenant les espèces et écosystèmes marins apparentés.

« Les pêches de haute mer contribuent à la sécurité alimentaire et aux moyens d'existence de millions de personnes dans le monde », observe le Sous-Directeur général de la FAO chargé des pêches et de l'aquaculture, Árni M. Mathiesen, dans un communiqué de presse.

« Grâce à une action collective à tous les niveaux et à une coopération étendue optimisant l'utilisation de ressources appauvries, ce projet – et l'initiative océans communs – aideront le monde à renoncer à cette course au poisson et à adopter une approche écosystémique, cruciale pour garantir la santé et la productivité future de ces écosystèmes marins essentiels. Les premiers succès serviront à inciter les bailleurs de fonds et les organismes à investir davantage dans ce type de projets à effet catalyseur », a-t-il ajouté.

Le FEM, une institution internationale qui fédère 183 pays autour des questions d'environnement et de promotion du développement durable, a approuvé le financement de la phase de mise en œuvre de ce projet coordonné par la FAO qui mobilise plusieurs partenaires pour mieux gérer les pêcheries de thon en haute mer et la conservation de la biodiversité des écosystèmes et des espèces qui s'y rattachent, en réduisant les prises illégales de ces poissons très prisés et consommés partout dans le monde.

« Cette décision jette les bases d'une action à l'échelon mondial pour faire face à la menace tant économique qu'environnementale qui pèse sur une des espèces halieutiques commerciales les plus importantes au monde », a souligné la directrice générale du FEM, Naoko Ishii. « Je me félicite que nous ayons pu rassembler au sein de ce projet des partenaires publics et privés qui nous donnent de bonnes chances de travailler à une échelle suffisante pour inverser les tendances négatives menaçant les pêches thonières et le milieu océanique dont elles dépendent ».

Les thons et espèces apparentées constituent les ressources halieutiques les plus prisées capturées dans les zones situées au-delà des juridictions nationales. La catégorie des grands migrateurs représente 20% environ de la valeur de toutes les captures marines - les prises des espèces de thons les plus importantes atteignent à elles seules une valeur de plus de 10 milliards de dollars par an.

Près de 5,4 millions de tonnes de thon sont débarquées chaque année, avec plus de 85 pays pêchant le thon en quantités commerciales. Les niveaux de captures les plus élevés ont lieu dans l'océan Pacifique, suivi des océans Atlantique et Indien.

Selon la FAO, environ un tiers des sept principales espèces de thonidés sont actuellement surexploitées. Compte-tenu de la demande soutenue des consommateurs pour les produits comme le sashimi et le thon en boîte et la surcapacité des flottes de pêche, l'état des stocks de thon a de fortes probabilités de continuer à se détériorer faute d'une amélioration de la gestion.


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