Pour l'AIEA, l'usage des technologies nucléaires à des fins civiles reste une priorité

Le Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano. Photo: AIEA/Dean Calma

5 novembre 2013 – Le Directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a souligné mardi que la priorité de l'agence onusienne consiste à promouvoir l'usage des technologies nucléaires à des fins civiles, notamment en vue de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) d'ici à la date-butoir de 2015.

Lors de la présentation de son rapport annuel à l'Assemblée générale, Yukiya Amano a invoqué divers programmes de coopération grâce auxquels l'Agence apporte une « contribution durable et exceptionnelle » dans ce cadre. Ainsi, alors que de nombreux pays en développement ne possèdent aucun équipement de radiothérapie pour lutter contre le cancer, le programme d'action de l'AIEA dans ce domaine a été reconnu comme incontournable.

Le Directeur général a ensuite cité le programme de stérilisation par radiation des mouches tsé-tsé mâles, qui sont ensuite relâchées. Dès 1999, ce programme a permis d'éradiquer à Zanzibar la maladie du sommeil dont est porteur cet insecte chez l'homme et qui s'avère mortelle pour le bétail. Le programme est actuellement en cours en Éthiopie et au Sénégal.

L'AIEA aide aussi les pays du Sahel à surveiller le niveau de leurs ressources aquifères grâce à des techniques nucléaires isotopiques, tandis qu'un nouveau Centre international d'étude de l'acidification des océans permet de suivre l'évolution des écosystèmes côtiers et marins.

« La sécurité et la sûreté nucléaires sont une question prioritaire pour l'AIEA », a poursuivi le Directeur général, en rappelant que l'agence avait continué d'aider le Japon après l'accident de Fukushima-Daiichi. L'Agence a ainsi recommandé la mise en place d'un plan de gestion à long terme de l'eau contaminée et une de ses équipes effectuera avant la fin de l'année une mission de suivi sur place.

En matière de vérification, M. Amato a annoncé que les garanties de l'AIEA sont désormais en vigueur auprès de 181 États. En outre, le nombre d'États qui ont adhéré à des protocoles additionnels est désormais passé à 121. Toutefois, 12 États non dotés de l'arme nucléaire ne sont toujours pas signataires d'un accord avec l'AIEA en application du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Trois d'entre eux restent sous étroite surveillance de l'Agence: la République populaire démocratique de Corée (RPDC), la Syrie et la République islamique d'Iran.

M Amato s'est dit très préoccupé par le programme de la République populaire démocratique de Corée (RPDC). Les déclarations de ses dirigeants, notamment sur la préparation d'un troisième essai nucléaire sont « regrettables » et son intention de relancer les activités d'enrichissement de l'uranium, constituent une violation des résolutions du Conseil de sécurité, a-t-il estimé, avant de rappeler que l'AIEA n'avait pas pu effectuer de vérifications en RPDC depuis avril 2009.

L'AIEA continue de vérifier que le matériel nucléaire déclaré en Iran ne soit pas détourné mais n'est « pas en mesure de fournir des assurances crédibles sur l'absence de matériel et activités nucléaires non déclarés » dans ce pays. Elle ne peut donc conclure que tout le matériel nucléaire présent en Iran serve uniquement à des activités pacifiques. M. Amano a précisé que l'Iran avait présenté de nouvelles propositions pour des mesures pratiques au titre d'une contribution constructive au renforcement du dialogue, suite à quoi il a été décidé qu'une nouvelle réunion se tiendrait le 11 novembre à Téhéran.

Enfin, en ce qui concerne la Syrie, M. Amano a déclaré qu'il n'a pas reçu de nouvelles informations concernant le site de Dair Alzour, détruit en mai 2011, qui abritait sans doute un réacteur nucléaire qui aurait dû être déclaré. Il a de nouveau demandé à la Syrie de coopérer avec l'Agence.


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