Un expert de l'ONU rappelle que la pauvreté reste liée à la discrimination et au racisme

Mutuma Ruteere, Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée. Photo: ONU/Evan Schneider

4 novembre 2013 – Le Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée, Mutuma Ruteere, a affirmé lundi que les minorités ethniques sont touchées de façon disproportionnée par la pauvreté héréditaire, notamment en raison du manque d'accès à l'éducation, au logement adéquat et aux soins de santé.

Dans son rapport à l'Assemblée générale de l'ONU, M. Ruteree a expliqué que la vulnérabilité socioéconomique persistante des minorités ethniques découle généralement d'héritages historiques comme l'impact de l'esclavage et de la colonisation, ainsi que des systèmes de statut hérité et de la discrimination institutionnalisée qui a longtemps sévi dans de nombreuses régions du monde.

« Ces inégalités créées dans le passé continuent de pénaliser profondément les groupes victimes de discrimination », a affirmé le Rapporteur spécial en ajoutant que parmi les victimes de la pauvreté et du racisme, se trouvent les populations d'ascendance africaine, des autochtones, des Roms, les dalits en Inde et les migrants.

« La relation complexe entre racisme et discrimination donne à penser que seule une garantie d'égalité et de non-discrimination peut corriger ce déséquilibre et empêcher les groupes victimes de discrimination de tomber dans la pauvreté et de s'y enliser », a-t-il ajouté.

La nature même de la pauvreté, caractérisée par des générations successives héritant des handicaps de leurs prédécesseurs, signifie que la pauvreté et le dénuement sont devenus des éléments constitutifs de groupes ethniques spécifiques.

M. Ruteere a rappelé que les gouvernements ont une obligation de prévenir la marginalisation et de protéger les droits de chacun. Il a donc appelé les États Membres à revoir les politiques et les programmes susceptibles d'avoir un effet disproportionné sur les minorités raciales ou ethniques étant donné leur vulnérabilité socioéconomique et de mettre en œuvre des mesures efficaces pour élargir l'accès de ces groupes aux droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux.


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