Ban annonce son départ au Sahel aux côtés du Président de la Banque mondiale

Le Secrétaire général Ban Ki-moon et le Président de la Banque mondiale Jim Yong Kim (à l'écran) donnent une conférence de presse sur leur déplacement à venir au Sahel. Photo: ONU/Paulo Filgueiras

1 novembre 2013 – Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a annoncé vendredi qu'il se rendrait la semaine prochaine au Sahel avec le Président de la Banque Mondiale, Jim Yong Kim. La visite aura pour étapes le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad.

Lors d'une conférence de presse conjointe, les deux hommes ont expliqué que cette initiative, qui s'inscrit dans le cadre de la Stratégie intégrée de l'ONU pour le Sahel approuvée par le Conseil de sécurité, s'inspirait de la visite effectuée, en mai dernier, par MM. Kim et Ban dans la région africaine des Grands Lacs.

« Cette visite, a rappelé Ban Ki-moon, avait eu pour objectif de manifester l'appui de la communauté au nouvel accord-cadre pour la paix visant à régler les problèmes sous-jacents responsables de conflits interminables et de retards de développement ».

M. Yong Kim, qui intervenait par visioconférence depuis Washington, a déclaré que la Banque mondiale annoncerait, lundi 4 novembre, le montant des ressources privées et politiques qu'elle compte mobiliser en vue d'une action qui devrait s'étaler sur les 24 prochains mois

« Pour les Grands Lacs, nous étions parvenus à mobiliser rapidement une somme d'un milliard de dollars, qui venait s'ajouter à ce que nous faisons déjà dans les pays de la région : fourniture de bourses, octroi de prêts à faible intérêt, reprogrammation des projets d'aide au développement, comme le financement, d'un montant déjà réuni de 340 millions de dollars, d'une importante centrale hydroélectrique », a indiqué Jim Yong Kim.

« Donald Kaberuka, Président de la Banque africaine de développement, et Andris Peibalgs, Commissaire au développement de l'Union européenne, seront du voyage, de même que mon Envoyé spécial pour le Sahel, M. Romano Prodi », a par ailleurs précisé le patron de l'ONU.

Soulignant que le Sahel reste l'une des régions les plus pauvres et les plus fragiles de la planète, et que, « l'an dernier à cette époque, le Mali était en crise », il s'est réjoui de ce que, « grâce à nos efforts collectifs, non seulement la situation politique et les conditions de sécurité se sont améliorées dans ce pays, mais des progrès ont été accomplis par rapport à certains des problèmes plus généraux qui se posent au Sahel ». « Nous devons saisir l'occasion et faire fond sur ces progrès », a-t-il affirmé.

Le chef de l'ONU a dit compter sur la volonté politique des dirigeants régionaux pour engager les efforts nécessaires au renforcement de la gouvernance, de la sécurité et de la résilience des peuples du Sahel. « Le Sahel, où plus de 11 millions de personnes sont touchées par l'insécurité alimentaire, le Sahel, qui regorge d'armes, et est très vulnérable face aux réseaux terroristes et criminels. Cette région qui se ressent plus que jamais les effets du réchauffement climatique, a besoin de nous pour passer enfin de la fragilité à la durabilité », a dit Ban Ki-moon.

Relevant qu'aucun gouvernement ou organisation ne peut surmonter seul de tels défis, il a insisté sur le fait que « puisque les problèmes sont liés entre eux, nos efforts doivent l'être aussi ».

Saluant les premiers efforts de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) récemment déployée, le Secrétaire général a rappelé qu'à terme c'était l'armée malienne qui devrait prendre le relais des 12.000 Casques bleus devant constituer le contingent militaire de la Mission.

« Nous sommes convaincus que la succession des crises régionales peut être interrompue, a souligné M. Ban, qui s'est dit confiant que la région « peut surmonter la précarité et s'engager sur la voie d'un avenir mieux assuré ».

Le Secrétaire général a précisé que le 5 novembre, à Bamako, il réunirait les représentants des pays de la région pour y discuter de l'instauration d'un mécanisme de suivi de la mise en œuvre de mesures d'appui englobant l'économie, « notamment la création d'emplois pour les femmes et les jeunes et la relance de l'agriculture », et les droits de l'homme.


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