RCA : l'UNICEF a besoin de trois millions de dollars de plus pour répondre aux besoins humanitaires

Un centre de l’UNICEF à Bossangoa en République centrafricaine. Photo: OCHA/Laura Fultang

29 octobre 2013 – Alors que la République centrafricaine (RCA) est confrontée à des vagues incessantes de déplacements et à un déclin de financement de l'aide humanitaire, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) prévient mardi que les besoins de plus en plus criants dépasseront bientôt sa capacité à y répondre.

Alors que la République centrafricaine (RCA) est confrontée à des vagues incessantes de déplacements et à un déclin de financement de l'aide humanitaire, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a prévenu mardi que les besoins de plus en plus urgents dépasseront bientôt la capacité à y répondre.

« Partout où nos équipes se rendent, elles constatent que de plus en plus de personnes sont déplacées par les violences », relève le Coordinateur d'urgence de l'UNICEF en RCA, Bob McCarthy.

Depuis septembre 2013, le nombre de personnes contraintes de fuir a presque doublé, passant à 394.000 déplacés, tandis que celui des réfugiés dans les pays voisins est estimé à 64.000. En outre, l'insécurité persistante et le mauvais état des infrastructures en RCA entravent les opérations des organisations humanitaires et l'accès aux communautés touchées par la crise.

« Nous venons d'arriver il y a deux jours », explique Jean-de-Dieu, un agriculteur de 31 ans, tout en improvisant un abri de fortune avec des bâches en plastique fournies par l'UNICEF pour sa femme et ses cinq enfants sur le site de Bossangoa.

« Nous nous sentons plus en sécurité ici que dans la brousse. Nos huttes ont été brûlées et notre bétail volé. Nous avons fui sans rien, à l'exception de quelques pots et feuilles de manioc ».

Le Fonds a besoin de toute urgence de trois millions de dollars de plus pour se procurer des articles de première nécessité – couvertures, moustiquaires, jerrycans et savon, notamment –, afin de venir en aide à 55.000 personnes déplacées au cours des six prochains mois.

Depuis le mois d'août, plus de 44.000 personnes déplacées ont reçu de tels articles avec l'appui de l'UNICEF.

« Nous distribuons des médicaments pour relancer les soins de santé d'urgence, ainsi que de l'eau potable aux familles se trouvant dans les sites de personnes déplacées », poursuit M. McCarthy. « Des objets tout simples, comme des bidons, font une grande différence dans la vie quotidienne des personnes qui peuvent ainsi transporter et stocker l'eau où ils vivent. Tout retard ou interruption dans la livraison de fournitures de base expose les personnes déplacées et les jeunes enfants à des risques de diarrhée et d'autres maladies. »

En décembre 2012, la coalition rebelle de la Séléka lance une série d'attaques en RCA, prend le contrôle de plusieurs villes du pays avant d'accepter d'entamer des pourparlers de paix sous les auspices de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC). Conclu en janvier 2013 par le gouvernement et les trois principales formations rebelles de la Séléka, l'Accord de Libreville aide à rétablir une certaine stabilité nationale.

Mais les combats reprennent à la mi-mars et la Séléka s'empare de Bangui et chasse du pouvoir François Bozizé. Michel Djotodia se déclare Président de la République, annonce des élections au plus tard d'ici trois ans et maintient à son poste le Premier Ministre Nicolas Tiangaye, issu de l'Accord de Libreville. Au titre de cet Accord et de la Déclaration de N'Djamena en date du 18 avril 2013, des institutions de transition sont mises en place.

La RCA reste toutefois minée par une crise humanitaire qui touche l'ensemble de la population – 4,6 millions de personnes au total –, et les signalements de violations graves des droits de l'homme s'y multiplient.


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