Le renforcement de la résilience, rempart contre l'insécurité alimentaire au Sahel, selon la FAO

La sécheresse au Sahel rend l’agriculture difficile pour les femmes de Yelimne, au Mali. Photo PAM/Daouda Guirou (photo d’archive)

29 octobre 2013 – Le Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), José Graziano da Silva, a affirmé mardi la nécessité de briser le « cercle vicieux » des crises au Sahel en renforçant les capacités des communautés pastorales et rurales à résister à la sécheresse et aux autres chocs, au lieu d'agir après le déclenchement des catastrophes naturelles.

« Nous ne pouvons empêcher les sécheresses ou les inondations de se produire, mais nous pouvons prendre des mesures pour éviter qu'elles n'entraînent la famine », a observé M. da Silva, lors d'un forum de haut niveau qui se tient actuellement à Nouakchott, la capitale mauritanienne.

Ces dernières années, la combinaison de mauvaises conditions météorologiques et de prix en hausse des denrées alimentaires a provoqué des crises alimentaires répétées au Sahel, jetant nombre de familles rurales dans le dénuement le plus total.

Parmi les catégories les plus touchées, les communautés pastorales nomades – 16 millions de personnes au total –, qui déplacent régulièrement leurs familles et leurs troupeaux à l'intérieur de la bande sahélienne, en quête d'eau et de pâturages.

Si le pastoralisme fournit depuis longtemps à ces populations un moyen de s'adapter aux conditions météorologiques adverses et au manque de terres arables, leur vulnérabilité à la sécheresse, aux inondations et autres catastrophes est en hausse dans un contexte de compétition accrue pour l'accès aux zones les plus verdoyantes.

Le Sahel est – et restera, selon toute vraisemblance – une des régions au monde les plus touchées par les changements climatiques, en particulier la sécheresse, qui ne feront qu'exacerber la pression subie par ces communautés.

Il est fréquent, en temps de crise, que les animaux dont dépendent les familles pastorales pour vivre meurent, à moins qu'ils ne soient bradés pour répondre aux besoins les plus urgents. Il est vrai que la vente des animaux peut soulager momentanément les familles, mais elle signifie aussi la perte des seuls biens de production que possèdent ces ménages, qui se retrouvent ainsi encore plus démunis face aux calamités futures.

« C'est un cercle vicieux qu'il faut impérativement briser », a tranché M. da Silva. « Le seul moyen d'y parvenir est de passer d'un mode réactif à un mode proactif et de privilégier une approche intégrée ciblée sur la résilience des moyens de subsistance. »

Il a été démontré que la résilience fonctionne et s'avère efficace, non seulement pour sauver des vies humaines et des moyens de subsistance, mais aussi pour épargner de l'argent, a expliqué le chef de l'agence onusienne.

Par exemple, le coût des interventions pour maîtriser une attaque acridienne au Sahel a augmenté, passant en 2003-2004 à 500 millions de dollars. L'an dernier, une crise similaire a pu être évitée grâce à des investissements consentis en amont, d'un montant de huit millions de dollars, qui ont permis d'échapper à de nouvelles infestations de criquets.

De même, des études montrent qu'une alimentation d'appoint des animaux avant le début d'une crise les empêche de succomber à la sécheresse, aux épidémies ou autres chocs, et s'avère 16 fois moins cher que l'achat de bétail après la décimation des troupeaux.

« À la FAO, nous sommes convaincus que la résilience est cruciale pour la sécurité alimentaire et nous veillerons à y accorder une place plus large dans nos activités », a insisté M. da Silva.


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