Les opposants à des projets de développement, de plus en plus souvent stigmatisés comme «antigouvernementaux»

La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, Margaret Sekaggya. Photo: ONU/Jean-Marc Ferré

29 octobre 2013 – Les militants des droits de l'homme qui s'opposent à de vastes projets de développement sont de plus en plus considérés comme étant « antigouvernementaux » ou « ennemis d'État », a mis en garde mardi une experte indépendante des Nations Unies

Les individus qui cherchent à aider les communautés directement impactées par des projets de construction de centrales hydroélectriques, de barrages et de voie routières sont en effet souvent « harcelés, stigmatisés et criminalisés pour avoir fait leur travail », dénonce la Rapporteuse spéciale sur les défenseurs des droits de l'homme, Margaret Sekaggya, dans son dernier rapport à l'Assemblée générale, qu'elle a présenté hier.

Ces militants sont également en butte à des menaces, y compris de mort et des agressions physiques. « Mais plutôt que de s'opposer au développement, ils jouent un rôle important dans sa promotion », a déclaré Mme Sekaggya.

« Il est essentiel que les communautés et ceux qui défendent leurs droits soient en mesure de participer activement, librement et de façon significative, à l'évaluation, l'analyse, la conception, la planification, l'exécution, le suivi et l'évaluation des projets de développement qui les concernent. »

Mme Sekaggya a appelé à une approche fondée sur les droits de l'homme qui inclurait les principes d'égalité et de non-discrimination, de participation, de protection, de transparence et de reddition de comptes, et les moyens de saisir des voies juridiques.

La participation, ainsi que l'accès à des informations relatives aux projets de développement, peuvent contribuer de manière significative à désamorcer les tensions, a plaidé la Rapporteuse spéciale.

En revanche, un manque de transparence pourrait non seulement accroître la vulnérabilité des militants et des communautés touchées, mais aussi remettre gravement en question la crédibilité et la légitimité de l'État et la participation du secteur privé à ces projets.

« Les États ont l'obligation de protéger ceux qui revendiquent leur droit légitime à participer au processus de décision et d'exprimer leur opposition aux projets de développement à grande échelle », souligne-t-elle. « Il est crucial que le signalement des violations des droits de l'homme puisse se faire en toute sécurité. »


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