Ban salue le déroulement dans le calme du premier tour de l'élection présidentielle à Madagascar

La Coordinatrice résidente du système des Nations Unies à Madagascar inspecte les bulletins de vote. Photo: ONU/CINU

25 octobre 2013 – Le Secrétaire général a salué ce soir le déroulement dans le calme du premier tour de l'élection présidentielle à Madagascar.

Dans une déclaration rendue publique par son porte-parole, Ban Ki-moon rend hommage « aux efforts du gouvernement malgache et à ses parties prenantes pour rétablir l'ordre constitutionnel ».

Appelant à un décompte méthodique des voix, le chef de l'ONU appelle le peuple et les autorités de l'île « à maintenir un environnement pacifique, à toutes les parties d'accepter les résultats et de présenter leurs plaintes éventuelles dans des cadres juridiques reconnus ».

Selon la Coordinatrice résidente du système des Nations Unies à Madagascar, le taux de participation a été très élevé.

« Une fois de plus, la sagesse malgache a prévalu sur toute autre forme de considération », s'est félicitée Fatma Samoura au micro de la radio de l'ONU, tout en précisant que 33 candidats étaient en lice pour cette élection censée mettre fin à l'impasse politique dans laquelle se trouve le pays depuis fin 2008.

Selon elle, les enjeux de ce scrutin sont considérables. En effet, la crise institutionnelle a eu un impact négatif sur les conditions de vie des Malgaches, avec de multiples indicateurs dans le rouge, a expliqué la Coordinatrice.

En effet, environ 90% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté ; 1,5 million d'enfants sont déscolarisés ; et dix femmes meurent chaque jour des suites d'accouchement en l'absence de centres de soins adéquats et de médecins qualifiés, affirme Mme Samoura, qui fait également état de la perte de 336.000 emplois dans l'île.

Cette précarité extrême n'existe que « parce que Madagascar a été suspendue de toutes les instances internationales, y compris régionales, où elle siégeait auparavant », alors que le budget de fonctionnement du pays dépend à 40% de l'aide internationale et la réhabilitation de ses infrastructures à 70%.

Conformément à la feuille de route mise au point par la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) – principal médiateur de cette crise –, il revient aux Nations Unies d'établir un calendrier électoral avec la Commission électorale nationale indépendante et de prêter assistance à celle-ci sur les plans financier et juridique.

Disposant d'un budget de 60 millions de dollars, l'ONU est également tenue de fournir du matériel électoral : urnes, isoloirs, bulletins ou encore encre indélébile.

Le dépouillement des voix débutera ce soir. Avec l'aide de cinq hélicoptères loués par la SADC, 90% des urnes seront acheminées dans la capitale au cours des 72 prochaines heures. Les résultats provisoires seront ensuite annoncés en attendant la proclamation par la Cour électorale des résultats définitifs.

Au besoin, un second tour se déroulera le 20 décembre, lors des élections législatives, auxquelles se présentent environ 1.700 candidats pour 150 sièges à pourvoir. Le président élu devrait prendre ses fonctions le 17 février prochain.


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