Une experte de l'ONU appelle la communauté internationale à se mobiliser en faveur des réfugiés érythréens

La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Érythrée, Sheila B. Keetharuth. Photo: ONU/Amanda Voisard

24 octobre 2013 – La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme en Érythrée a réitéré jeudi son appel à la communauté internationale pour qu'elle redouble d'efforts pour aider les réfugiés en provenance de ce pays.

Lors de la présentation de son rapport à l'Assemblée générale, Sheila Keetharuth a souligné que la situation alarmante des droits de l'homme dans cette nation de la Corne de l'Afrique explique le flux constant de réfugiés vers les pays de la région et au-delà. Bien qu'une loi ordonne de tirer sur ces fugitifs, des milliers d'Érythréens ont pris le chemin de l'exil au cours de la dernière décennie. En 2012, 305.723 personnes ont été enregistrées par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Selon les estimations, entre 2.000 et 3.000 Érythréens fuient chaque mois. Entre janvier et septembre 2013, 7.504 d'entre eux sont arrivés en Italie par voie maritime, et 7.557 en Syrie et 2.946 en Somalie.

L'experte indépendante a déploré la mort récente de plus de 350 réfugiés au large de l'île italienne de Lampedusa. « Ce n'est que lorsque la situation des droits de l'homme se sera améliorée en Erythrée que les gens cesseront de se risquer à des expéditions dangereuses », a-t-elle dit.

La Rapporteuse spéciale a regretté que les autorités continuent de lui refuser l'accès à leur pays. Elle s'est dite très préoccupée par les violations graves des droits de l'homme commises en Érythrée : exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées, détentions au secret, service national de durée indéfinie, absence de liberté d'expression et d'opinion, de réunion, d'association, de religion et de mouvement.

« Une militarisation excessive affecte le tissu même de la société érythréenne et des familles », a souligné l'experte indépendante de l'ONU. Le Service national de durée indéfinie et sans rémunération adéquate prive les femmes et les hommes de leurs années les plus productives.

Mme Keetharuth a déclaré que le gouvernement érythréen devait changer de direction, notamment en adoptant des réformes législatives et institutionnelles touchant à tous les aspects de la vie en Érythrée. En particulier, la Constitution de 1997 doit être révisée, des élections nationales justes, transparentes et démocratiques être organisées et tous les prisonniers politiques libérés.


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