Le travail non rémunéré des femmes au foyer, un «enjeu majeur des droits humains», selon une experte de l'ONU

La Rapporteuse spéciale sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme, Magdalena Sepúlveda. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

24 octobre 2013 – La cuisine, le nettoyage et la prise en charge des enfants et des personnes âgées devraient être des responsabilités collectives, plutôt que d'échoir entièrement aux femmes, a affirmé jeudi une experte indépendante des Nations Unies, en prévenant que le travail non rémunéré qui n'est pas réparti équitablement est un facteur de pauvreté et d'exclusion sociale pour les femmes.

« Je demande aux États de reconnaître les prestations de soins non rémunéré comme un enjeu majeur des droits humains », a déclaré la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur l'extrême pauvreté, Magdalena Sepúlveda, devant la Troisième Commission de l'Assemblée générale de l'ONU, chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles.

« Les prestations de soins non rémunérées sont au fondement de toute société et déterminantes pour la croissance économique et le développement social », a-t-elle noté. « Toutefois, elles ont souvent été négligées ou tenues pour acquises par les décideurs politiques, ce qui a eu un impact énorme sur la pauvreté des femmes et l'exercice de leurs droits. »

Mme Sepúlveda, venue à New York ce mois-ci aux côtés de nombreux autres experts indépendants pour faire rapport devant la Commission, a observé que les femmes des pays développés et en développement font davantage d'heures que les hommes lorsque le travail non rémunéré est pris en compte, mais reçoivent de plus faibles revenus et moins de reconnaissance.

Elle recommande donc aux États de veiller à ce que les services publics et les infrastructures nécessaires – notamment les services de garde d'enfants, les systèmes de santé et l'approvisionnement énergétique et en eau – soient en place pour soutenir les soins, en particulier dans les zones défavorisées.

En outre, son rapport offre un aperçu des obligations des États pour lutter contre la répartition inégale des soins en vertu des accords existants en matière de droits de l'homme.

« Afin de responsabiliser véritablement les femmes, nous devons veiller à ce que les soins non rémunérés soient mieux valorisés, soutenus et répartis, par les hommes et par l'Etat », a ajouté la Rapporteuse spéciale.

Les experts indépendants ou Rapporteurs spéciaux sont nommés par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, basé à Genève, afin d'examiner et de faire rapport, à titre non rémunéré, sur des questions spécifiques relatives aux droits de l'homme.


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