L'OMS lance une mise en garde contre les risques de recul dans la lutte contre la tuberculose

Des patients infectés par la tubeculose au Myanmar reçoivent leur traitement dans une clinique située près de la frontière avec la Thaïlande. Photo: IRIN/Sean Kimmons

23 octobre 2013 – Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le traitement de la tuberculose a permis de sauver plus de 22 millions de vies, le nombre de malades a été ramené à 8,6 millions en 2012 et celui des décès dans le monde à 1,3 million.

Ce sont là quelques-uns des nouveaux chiffres d'un nouveau rapport publié mercredi par la plus haute instance sanitaire du système des Nations Unies, qui confirme que deux des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) sont en bonne voie d'être atteints d'ici à la date-butoir de 2015, à savoir l'éradication de la tuberculose et la réduction de moitié du taux de mortalité par rapport à celui ce 1990.

« Les soins antituberculeux de qualité dispensés à des millions de personnes dans le monde ont permis de faire considérablement diminuer le nombre de décès dus à la maladie », se félicite le Directeur du Programme mondial de lutte antituberculeuse à l'OMS, Mario Raviglione, dans un communiqué de presse.

« Mais beaucoup de gens échappent encore aux soins et souffrent. Ils ne sont pas diagnostiqués ou traités, les informations sur la qualité des soins qu'ils reçoivent font défaut », prévient-il.

Le rapport souligne donc la nécessité de faire progrès « décisifs » en matière de soins et de lutte antituberculeuse, puisque près de trois millions de personnes, soit l'équivalent d'un malade sur trois, ne sont actuellement pas couverts par les systèmes de santé. En outre, les efforts déployés pour dépister et traiter les malades de la tuberculose pharmacorésistante sont insuffisants.

Le manque de ressources pour financer la lutte antituberculeuse est au cœur de ces deux problèmes. La faiblesse de la chaîne antituberculeuse, qui comprend les volets de dépistage, de traitement et de soins, s'explique notamment par la difficulté à atteindre certaines populations.

L'OMS estime que 75% des trois millions de cas qui échappent ainsi aux activités de lutte sont concentrés dans 12 pays et que, pour la seule année 2012, 450.000 personnes ont été atteintes de tuberculose multirésistante. La Chine, l'Inde et la Fédération de Russie sont les pays où la prévalence est la plus élevée, suivies par 24 autres pays.

Tandis que le nombre de personnes dépistées dans le monde grâce aux tests de diagnostic rapide a augmenté de plus de 40%, pour atteindre 94.000 en 2012, trois cas de tuberculose sur quatre ne sont toujours pas diagnostiqués. Plus inquiétant encore, près de 16.000 cas de tuberculose MR notifiés à l'OMS en 2012 n'avaient pas été traités, la longueur des listes d'attente constituant un problème croissant.

« La demande d'interventions de qualité face à la tuberculose multirésistante constitue un réel problème de santé publique », estime le Dr Raviglione. « Il est inacceptable qu'un accès accru au diagnostic n'aille pas de pair avec un accès accru au traitement de la tuberculose MR. Nous diagnostiquons les cas mais nous manquons de médicaments ou de personnels qualifiés. Le moment est venu d'agir pour stopper la tuberculose multirésistante. »

Une autre difficulté est liée à la coïnfection tuberculose-VIH. Si l'on a observé des progrès importants depuis dix ans dans l'expansion des traitements antirétroviraux pour les patients tuberculeux vivant avec le VIH, moins de 60% en bénéficiaient en 2012. Une situation qui doit absolument être améliorée, conclut le rapport.


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