Des experts demandent la participation de la société civile chinoise à l'Examen périodique universel des droits de l'homme

Le Conseil des droits de l’homme à Genève. Photo: ONU

16 octobre 2013 – Un groupe d'experts indépendants des Nations Unies a exprimé mercredi sa préoccupation devant la situation des défenseurs chinois de droits de l'homme qui auraient subi des représailles après avoir tenté de participer à une évaluation majeure du système des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme en Chine.

Les militants auraient été menacés, arrêtés ou empêchés de participer à des manifestations ou interdits de quitter le territoire chinois à l'approche de la deuxième révision de l'évaluation, par le Conseil des droits de l'homme, de la situation en Chine dans le cadre de son mécanisme d'examen périodique universel (EPU). L'examen aura lieu le 22 octobre à Genève.

« L'intimidation de membres de la société civile qui cherchent à contribuer à un dialogue international si important est totalement inacceptable », déclarent les experts dans un communiqué de presse. « Il est crucial de garantir la libre participation des membres de la société civile à ce processus, y compris les défenseurs des droits de l'homme ».

« Ces affaires semblent s'inscrire dans le cadre d'un cycle de harcèlement de la part des autorités chinoises à l'encontre de ceux qui appellent à plus de responsabilité des représentants de l'État, davantage de transparence et des réformes politiques et juridiques », ajoutent-ils.

Les experts expliquent que Cao Shunli et Chen Jianfang auraient été empêchés de prendre des vols à destination de Genève, où ils devaient prendre part à des activités organisées en marge de la session de septembre du Conseil des droits de l'homme.

Selon des témoignages, Chen Jianfang aurait été interdite à vie de quitter le territoire chinois, tandis que Cao Shunli est détenu par les autorités chinoises depuis le 14 septembre.

Selon les informations reçues par les experts indépendants de l'ONU, les militants chinois de la société civile, qui manifestent depuis juin pour défendre leur droit à participer et à se tenir informés du rapport que la Chine compte soumettre à l'EPU, ont été menacés à plusieurs reprises par les autorités.

« Ces informations font état d'actes de représailles contre les personnes qui cherchent à coopérer avec l'ONU », a déclaré la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, Margaret Sekaggya. « Les défenseurs des droits de l'homme jouent un rôle clé pour obliger les États à respecter leurs obligations, y compris au niveau international. Leur travail légitime doit être respecté ».

La Chine a accepté les recommandations faites au cours de son premier examen en 2009 pour renforcer la société civile et promouvoir et protéger les droits de l'homme. Selon le gouvernement chinois, les organisations non gouvernementales ont été consultées avant la session de l'EPU et le projet de rapport national est disponible sur son site officiel.

Selon le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté d'opinion et d'expression, Frank La Rue, « rien ne peut justifier l'exclusion par l'intimidation de voix légitimes », même si certaines organisations ont pu participer à la préparation de l'EPU.

« L'accès à l'information et à un espace ouvert est essentiel à la circulation des opinions et des idées pour assurer une visibilité de la situation des droits humains de tous les pays », a souligné M. La Rue.

« Empêcher les gens de participer à l'Examen périodique universel en manifestant se façon pacifique constitue une violation des obligations internationales de la Chine à respecter le droit fondamental au rassemblement pacifique », a souligné de son côté le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit de réunion pacifique et d'association, Maina Kiai.

Les experts ont demandé des compléments d'information aux autorités chinoises sur ces affaires, ainsi que la libération immédiate de toutes les personnes détenues pour avoir manifesté de façon pacifique.


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