Les banques de développement, un acteur clé de la lutte contre les changements climatiques, affirme Ban

Le Secrétaire général Ban Ki-moon (Photo d'archive). Photo: ONU/Mark Garten

13 octobre 2013 – De retour d'Europe et d'Asie, le Secrétaire général de l'ONU s'est rendu dimanche à Washington pour réitérer aux membres du Club international du financement du développement son engagement en faveur d'un partenariat stratégique entre cette association et les Nations Unies dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques.

« Nous nous réunissons aujourd'hui avec à l'horizon l'année 2015, une opportunité historique dans le cadre de notre travail en commun », a déclaré Ban Ki-moon aux membres de ce regroupement de banques de développement nationales et sous-régionales, leur rappelant la nécessité d'avoir finalisé, à cette date-butoir, un programme de développement pour succéder aux objectifs du Millénaire et un accord climatique post-Kyoto.

« L'éradication de la pauvreté extrême s'inscrit au cœur de cet effort, de même que le maintien de la hausse des températures mondiales en dessous de 2 degrés Celsius », a rappelé le Secrétaire général, soulignant le renforcement mutuel de ces deux objectifs.

Pour y parvenir, l'économie mondiale doit passer par des changements significatifs et des restructurations importantes, a-t-il affirmé.

Le principal défi consistera à s'assurer que les négociations autour de l'agenda de développement post-2015 et d'un nouvel accord sur le climat fassent passer le développement durable « de la marge au centre », a expliqué M. Ban, en insistant sur les trois piliers que sont l'économique, le social et l'environnemental.

Ces discussions sont sur la bonne voie, selon le patron de l'ONU, qui s'est dit encouragé par les progrès accomplis et la volonté politique démontrée pendant la semaine du débat de haut niveau de l'Assemblée générale.

« Mais un immense nuage obscurcit l'horizon : les changements climatiques », a mis en garde le Secrétaire général.

Aussi a-t-il voulu y voir une « formidable opportunité », celle de s'engager en faveur d'une action « lucide », de créer des emplois « verts », d'améliorer les systèmes de santé publique et de protéger l'environnement, en prenant les mesures d'adaptation et d'atténuation exigées par la situation.

M. Ban a donc annoncé la tenue, en septembre 2014, d'un Sommet sur le Climat qui réunira non seulement les chefs d'Etat et de gouvernement du monde entier, mais aussi des chefs d'entreprise, des représentants du monde de la finance et de la société civile, afin de mobiliser la volonté politique et de se fixer des cibles encore plus ambitieuses dans la course contre les changements climatiques.

Il a identifié trois domaines d'action prioritaires. Le premier, c'est pour le Secrétaire général celui de la levée de fonds et de la réalisation d'investissements, dans lequel le Club international du financement du développement s'est illustré en faisant, rien qu'en 2012, des contributions d'un montant total de 79 milliards de dollars.

Estimant cependant qu'il fallait faire davantage, il a demandé aux participants d'atteindre lors du Sommet sur le climat l'objectif de 100 milliards par an à l'appui des mesures d'adaptation et d'atténuation.

La deuxième des priorités est de mobiliser tous les acteurs du financement à la réponse à apporter au niveau mondial : investisseurs institutionnels, fonds de pension, fonds souverains, tous doivent s'engager en faveur des projets d'infrastructures.

« Je suis intéressé à cet égard par votre point de vue sur des propositions telles que la création d'un second marché obligataire pour des projets à faible émission de carbone », a précisé le Secrétaire général.

Enfin, M. Ban a attiré l'attention sur le Fond vert pour le climat. S'il ne peut pas être considéré comme la seule source de financement viable, il jouera un rôle important dans le cadre des partenariats public-privé, a-t-il noté.

« Pour que le Fonds réalise son potentiel, il est indispensable qu'il promeuve un rôle plus vigoureux des institutions des pays en développement – comme les banques nationales de développement. »

Tout en saluant le dialogue déjà engagé par le Club avec les membres du Fonds en ce sens, le chef de l'ONU l'a encouragé à poursuivre sa coopération avec les experts du système des Nations Unies afin de s'assurer que les pays en développement disposent à temps de la capacité institutionnelle pour répondre aux changements climatiques.

« L'horloge climatique tourne », a-t-il prévenu en conclusion.


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