Haïti : le Conseil de sécurité proroge d'un an le mandat de la MINUSTAH

Des Casques bleus brésiliens de la MINUSTAH patrouillent dans le quartier de Bel Air, à Port-au-Prince. Photo: MINUSTAH/Jesús Serrano Redondo

10 octobre 2013 – En adoptant jeudi à l'unanimité de ses quinze membres une résolution présentée par les États-Unis, le Conseil de sécurité a prorogé le mandat de la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH) jusqu'au 15 octobre 2014, « dans l'intention de le renouveler encore ».

Constatant que la situation sur le plan sécuritaire « s'est un peu améliorée » depuis un an, ce qui permet à la MINUSTAH de continuer à réduire « progressivement » ses effectifs et de « revoir sa configuration », le Conseil a également décidé que la composante militaire de la Mission serait plafonnée à 5.021 soldats et la composante de police à 2.601 personnes.

Tout aménagement futur de la configuration de la force dépendra des conditions de sécurité sur le terrain, du développement croissant des capacités de l'État haïtien, en particulier du renforcement en cours de la Police nationale et de l'exercice « de plus en plus effectif » par les autorités de la responsabilité qui leur incombe d'assurer la sécurité dans le pays, affirme le Conseil, qui appelle toutefois la MINUSTAH à conserver sa capacité de déploiement rapide « dans les zones où ses forces militaires ne sont pas présentes ».

Dans le < a href="http://www.un.org/ga/search/view_doc.asp?symbol=S/2013/493&Lang=F">rapport dont était aujourd'hui saisi le Conseil de sécurité, le Secrétaire général estime qu'il importe de poursuivre la reconfiguration de la MINUSTAH. Selon lui, neuf ans après le déploiement initial de la Mission, il faut examiner si une vaste opération pluridimensionnelle de maintien de la paix reste le moyen le plus approprié d'appuyer la stabilisation en Haïti.

« J'entends étudier avec le gouvernement haïtien et les États Membres la meilleure manière, pour l'ONU, de favoriser la stabilité et le développement du pays. Il s'agira d'envisager de remplacer la MINUSTAH par une mission d'assistance de taille plus restreinte et plus ciblée d'ici à 2016 et j'inclurai des propositions à cet effet dans mon prochain rapport au Conseil de sécurité en mars 2014 ».

Dans sa résolution, le Conseil de sécurité dit attendre « avec intérêt » les propositions de Ban Ki-moon en ce sens.

Dans l'intervalle, il encourage la MINUSTAH à redoubler d'efforts pour fournir un soutien logistique et une assistance technique au gouvernement à l'appui des mesures de décentralisation et du renforcement des institutions. Il s'agit de donner ainsi à ce dernier les moyens « d'étendre son autorité sur l'ensemble de son territoire et de promouvoir la bonne gouvernance et l'état de droit à tous les niveaux ».

Pour le Conseil de sécurité, l'objectif consistant à doter la Police nationale d'au moins 15.000 agents opérationnels et de moyens logistiques et administratifs suffisants doit être atteint d'ici à 2016, comme le prévoit le plan de développement adopté par le gouvernement et qu'il doit mettre en œuvre avec le soutien de ses partenaires.

Le renforcement des capacités de la Police nationale d'Haïti est « une tâche des plus cruciales de la MINUSTAH », affirme le Conseil de sécurité, qui rappelle les menaces que font peser sur le pays la violence en bande, la criminalité organisée, le trafic de stupéfiants et la traite d'êtres humains.

S'il se félicite des progrès accomplis par Haïti, parmi lesquels la mise en place du Collège transitoire du Conseil électoral permanent et la présentation à l'Assemblée nationale d'un projet de loi électorale, le Conseil de sécurité note toutefois avec préoccupation que les préparatifs des élections sénatoriales, municipales et locales connaissent encore des retards « qui risquent de remettre en cause le calendrier annoncé pour 2013 ». Aussi demande-t-il aux autorités du pays et à tous les acteurs concernés d'organiser d'urgence ces scrutins.

En Haïti, 279.000 déplacés restent tributaires de l'aide humanitaire et les conditions de vie dans les camps laissent encore à désirer, relève par ailleurs le Conseil de sécurité, qui prend note des efforts déployés par le gouvernement pour tenter de maîtriser et de stopper l'épidémie de choléra, avec l'appui des Nations Unies, y compris dans le cadre de l'initiative lancée par le Secrétaire général pour appuyer le Plan national d'élimination du choléra.


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