Le HCDH appelle l'Union européenne à prendre des mesures pour mettre fin aux tragédies maritimes en méditerranée

Les survivants de la tragédie de Lampedusa trouvent abri dans une zone du port de la petite île italienne. Photo: UNHCR / B. Molinario

4 octobre 2013 – Suite au naufrage jeudi d'un navire au large de l'île italienne de Lampedusa, durant lequel des dizaines de migrants ont trouvé la mort par noyade, l'Union européenne (UE) doit prendre des mesures pour prévenir de nouvelles tragédies, a exhorté vendredi le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH).

« Nous appelons les autorités italiennes et l'Union européenne à redoubler d'efforts pour prévenir l'occurrence de telles situations à l'avenir. Les États doivent s'assurer qu'ils respectent leurs engagements, conformément au droit international des réfugiés », a déclaré le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, lors d'une conférence de presse à Genève.

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le bateau naufragé transportait près de 500 passagers Erythréens, dont 155 ont été secourus et 111 sont morts noyés. Selon les rapports des médias, environ 200 personnes seraient toujours portées disparues, mais les chances de retrouver des survivants sont faibles.

« Désormais, notre travail consiste essentiellement à fournir une assistance aux rescapés », a déclaré la porte-parole du HCR, Melissa Fleming. « Parmi eux, nous avons dénombré 40 garçons non accompagnés, âgés de 14 à 17 ans, et six femmes. Ils sont épuisés et en état de choc ».

« Les survivants ont été transférés dans un centre d'accueil à Lampedusa déjà surpeuplé, où sont hébergées environ 1000 personnes arrivées récemment à bord d'autres bateaux. Le HCR s'entretiendra avec les rescapés de la récente tragédie aujourd'hui, qui seront informés à cette occasion sur la procédure de demande d'asile. D'autres employés du HCR sont arrivés en provenance de Rome ce matin et un psychologue de la Croix-Rouge assurera un suivi psychologique des survivants », a ajouté la porte-parole.

D'après les témoignages des rescapés, le bateau avait quitté la Libye il y a 13 jours et transportait à son bord 500 personnes, dont la plupart ont embarqué à Misrata, avant d'être rejoints à bord par d'autres migrants à Zuwara, une ville située plus à l'ouest. Le bateau s'approchait de la côte italienne jeudi matin, quand son moteur s'est arrêté. Les passagers ont alors mis feu à des vêtements et couvertures dans l'espoir d'attirer l'attention d'autres bateaux, afin que leur soit porté secours.

L'embarcation a finalement été repérée par un bateau de touristes qui a immédiatement donné l'alerte, avant qu'un navire de garde-côtes italiens n'arrive pour secourir les victimes.

« Quelque chose va vraiment mal dans ce monde où les personnes en quête de protection doivent s'embarquer dans des traversées aussi périlleuses. Cette tragédie devrait servir de sonnette d'alarme. Davantage d'efficacité dans la coopération internationale est nécessaire afin de réprimer les passeurs et les trafiquants, tout en protégeant leurs victimes », a insisté, en conclusion, le chef du HCR, António Guterres.


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