« Réussir la migration », objectif d'un dialogue de haut niveau de l'Assemblée générale de l'ONU

Des travailleurs migrants en Jordanie. Photo: IRIN/Maria Font de Matas (photo d’archive)

3 octobre 2013 – Organisé par l'Assemblée générale, le Dialogue de haut niveau sur la migration et le développement s'est ouvert jeudi à New York par un appel du Secrétaire général à prendre des mesures pour protéger les droits de millions de migrants à travers le monde et reconnaître leurs contributions à leurs pays d'origine comme d'accueil.

« Réussir la migration est notre responsabilité collective, aussi bien pour les migrants que pour les pays eux-mêmes », a déclaré Ban Ki-moon à l'ouverture de cette manifestation qui se poursuivra demain toute la journée. « Nous devons cela aux millions de migrants qui, par leur courage, leur énergie et leurs rêves, rendent nos sociétés plus prospères, résiliente et diverses. »

Le dialogue d'aujourd'hui cherche à identifier des mesures concrètes pour renforcer la coopération et les avantages de la migration internationale à la fois pour les migrants et pour les pays d'origine et d'accueil, tout en réduisant ses effets négatifs.

Pour stimuler la réflexion des États membres, Ban Ki-moon a présenté un rapport sur les liens entre migration internationale et développement, avec à la clé huit recommandations visant à « réussir la migration » pour tous : migrants, sociétés d'origine et sociétés de destination.

Ce programme d'action ambitieux s'attache à protéger les droits de l'homme de tous les migrants, à réduire les coûts de la migration des travailleurs, à éliminer leur exploitation, y compris la traite, à améliorer le sort des migrants en détresse, à améliorer la perception du public, à intégrer la migration à l'agenda du développement, à renforcer la base de données sur la migration et à améliorer les partenariats de migration et de coopération.

Le nombre de migrants internationaux dans le monde est estimé par l'ONU à 232 millions. Mercredi, la Banque mondiale a publié les derniers chiffres relatifs aux envois de fonds, d'après lesquels les migrants en provenance de pays en développement devraient, à eux seuls, rapatrier dans leur pays d'origine des fonds d'un montant total de 414 milliards de dollars en 2013, soit une hausse de 6,3 % par rapport à l'année précédente. Ce chiffre devrait atteindre 540 milliards d'ici 2016.

Prenant acte de ces réalités complexes et multidimensionnelles, le Secrétaire général a estimé qu'il était essentiel « d'œuvrer de concert, avec courage et vision, sachant que nos actions auront un impact sur des millions de femmes, d'hommes et d'enfants ».

Le Dialogue de haut niveau, note M. Ban dans son rapport, vise à « délibérer sur un ordre du jour axé sur l'action pour créer un système de mobilité internationale plus sûr et plus transparent qui protège les droits des migrants, serve les intérêts économiques communs, favorise la cohésion de sociétés multiculturelles, réponde aux inquiétudes du public par rapport à la migration, et tienne compte des points de vue des migrants en tant que membres vitaux de nos collectivités ».

Prenant également part à ce dialogue, le Président de l'Assemblée générale, John Ashe, a pour sa part estimé que les États membres devraient s'appuyer sur les leçons apprises au cours des sept dernières années, depuis la tenue de la première réunion de haut niveau de l'Assemblée sur la question, et « passer du dialogue à l'action ».

« Cela signifie fixer des objectifs réalistes en s'engageant en faveur de la mise en œuvre et d'une évaluation des progrès. Bref, nous devons nous montrer responsables dans le suivi que nous devons effectuer de notre dialogue. »

« Nous devons redoubler d'efforts pour que les contributions de la migration ne soient pas seulement évidentes pour nous, mais aussi pour l'opinion publique internationale. Nous avons une responsabilité importante pour faire passer ce message de la bonne manière. »

Par ailleurs, lors d'une conférence de presse, le Rapporteur spécial sur les droits des migrants, François Crépeau, a insisté sur la dimension humaine de la migration, en soulignant que les migrants ne devraient pas être seulement perçus comme des acteurs économiques.

« Les migrants sont des êtres humains avec des droits humains, et non de simples agents d'envois de fonds pour le développement économique », a-t-il expliqué. « Tous les migrants sont protégés par le droit international, au même titre que des citoyens ordinaires et indépendamment de leur situation administrative ».

M. Crépeau a exhorté les États membres à ratifier tous les traités internationaux relatifs aux droits humains, notamment ceux qui ont trait aux droits des migrants, comme la Convention sur le travail décent pour les travailleurs domestiques.

Également présent lors de cette conférence de presse, un expert membre du Comité pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, Prasad Kariyawasam, a défendu devant les journalistes les mérites d'une approche fondée sur le respect des droits, « pour mettre fin aux abus dont de nombreux migrants sont aujourd'hui victimes.

« En dépit de leurs contributions sur les plans économique et social, [...] les droits des travailleurs migrants ne sont souvent pas respectés », a-t-il observé, en souhaitant que le dialogue de l'Assemblée générale se penche sur ce déséquilibre.


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