Israël : Netanyahou exhorte la communauté internationale à ne pas assouplir les sanctions contre l'Iran

Le Premier ministre d’Israël, Benyamin Netanyahou. Photo: ONU/Evan Schneider

1 octobre 2013 – Tout en affirmant être en faveur d'une solution pacifique et négociée au dossier du nucléaire iranien, le Premier ministre d'Israël, Benyamin Netanyahou, a exhorté mardi les États membre à n'alléger les sanctions contre l'Iran qu'en échange du démantèlement intégral de son programme nucléaire.

« Aujourd'hui, notre espoir en l'avenir est entravé par un Iran doté d'armes nucléaires qui cherche à nous détruire », a entamé le Premier ministre israélien, lors de son allocution au débat général de l'Assemblée, fustigeant « le régime radical de Téhéran ».

« Le Président Rouhani, comme ceux qui l'ont précédé, est un fidèle serviteur du régime », a déclaré M. Netanyahou, précisant que sur le dossier nucléaire iranien, « la seule différence entre Rouhani et Ahmadinejad est la suivante: Ahmadinejad était un loup déguisé en loup ; Rouhani est un loup déguisé en mouton ».

Exhortant la communauté internationale à ne pas juger l'Iran sur la base de ses déclarations, mais à l'aune de ses actions, le Premier ministre a énuméré un ensemble de faits récents – de la tentative de construction secrète d'une installation nucléaire souterraine d'enrichissement d'uranium en 2009 au développement de missiles balistiques intercontinentaux – témoignant de la détermination sans équivoque de ce pays à acquérir l'arme nucléaire.

« J'ai soutenu pendant de nombreuses années, y compris sur cette estrade, que le seul moyen d'empêcher pacifiquement l'Iran de développer des armes nucléaires est de combiner des sanctions sévères à une menace militaire crédible », a poursuivi M. Netanyahou, se félicitant de ce que « cette politique porte aujourd'hui ses fruits», grâce aux sanctions économiques imposées à l'Iran, sous l'impulsion de nombreux pays et sous la direction des États-Unis.

« C'est pourquoi Rouhani a lancé son offensive de charme. Il veut absolument obtenir la levée des sanctions », mais ne veut pas renoncer au programme d'armement nucléaire de l'Iran en retour, a déclaré le Premier ministre, accusant le Président iranien de se livrer à un « stratagème ».

« La seule solution diplomatique efficace serait celle qui aboutirait au démantèlement total du programme d'armement nucléaire de l'Iran et à l'élimination de sa capacité nucléaire à l'avenir », a tranché M. Netanyahou, pour qui la cessation de toute activité d'enrichissement, en droite ligne avec les résolutions existantes du Conseil de sécurité de l'ONU, constitue une première étape indispensable.

« Deuxièmement, retirer du territoire iranien les stocks d'uranium déjà enrichi ; troisièmement, démanteler les infrastructures nucléaires, y compris l'installation souterraine de Qom et les centrifugeuses de Natanz ; et quatrièmement, interrompre tous les travaux sur le réacteur à eau lourde en Irak visant à la production de plutonium. »

« La levée des sanctions contre l'Iran doit se faire uniquement en échange du démantèlement complet de son programme d'armement nucléaire », a insisté le Premier ministre.

« Israël ne pourra jamais accepter que des armes nucléaires soient entre les mains d'un régime voyou qui a promis à plusieurs reprises de nous rayer de la carte », a prévenu M. Netanyahou, ajoutant que « contre une telle menace, Israël n'aura d'autre choix que de se défendre », y compris seul a-t-il précisé.

Sur la question palestinienne, « Israël continue de rechercher un compromis historique avec nos voisins palestiniens, de façon à mettre fin à notre conflit une fois pour toutes », a assuré le Premier Ministre.

« Nous voulons la paix fondée sur la sécurité et la reconnaissance mutuelle, qui verrait un État palestinien démilitarisé reconnaître l'État juif d'Israël », a poursuivi M. Netanyahou, précisant toutefois qu'il ne se faisait pas d'illusions.

« Mes prédécesseurs étaient prêts à faire des concessions importantes. Moi aussi. Mais jusqu'à présent, les dirigeants palestiniens n'ont pas été en mesure de faire de même ».

« Je suis prêt à un compromis historique pour une paix authentique et durable », a lancé en conclusion le Premier ministre, « mais je ne transigerai jamais sur la sécurité de mon peuple et de mon pays, le seul et unique État juif ».


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