Le Soudan et le Soudan du Sud échangent leurs points de vue devant l'Assemblée générale

Le Ministre des affaires étrangères du Soudan, Ali Ahmed Karti. Photo: ONU/Evan Schneider

27 septembre 2013 – Le Ministre des affaires étrangères du Soudan a tenu à rappeler à l'Assemblée générale, où il est venu vendredi faire une déclaration à l'occasion du débat général, que dès la naissance du Soudan du Sud, son pays n'avait cessé d'œuvrer à des relations de bon voisinage et une coopération fructueuse avec son voisin.

Appelant la communauté internationale à soutenir de façon constructive ces efforts, Ali Ahmed Karti a également remercié le Mécanisme africain de haut niveau, le Commissariat de l'Union africaine et le Premier Ministre éthiopien.

Au Kordofan méridional et au Nil Bleu, États situés à la frontière entre le Sud et le Nord, la situation humanitaire est stable, a assuré le diplomate, faisant état d'une coopération avec le Soudan du Sud et les agences des Nations Unies pour faire face à cette question.

Hier, le Vice-Président du Soudan du Sud, James Wani Igga, avait cependant estimé que « les protocoles du Kordofan méridional et du Nil bleu, la zone contestée d'Abyei et la démarcation des frontières entre le Soudan du Sud et le Soudan continuaient d'entraver la pleine application de l'Accord de paix ».

M. Igga avait fait au contraire état des tensions créées par les suspensions intermittentes du flux du pétrole à travers le Soudan. À l'intérieur même du Sud, d'anciennes querelles réapparaissent à propos des pâturages et des points d'eau, en dépit des efforts du gouvernement pour pacifier l'ensemble du Soudan du Sud.

« Il nous faut construire un pays à partir de rien », avait rappelé le Vice-Président. L'absence d'infrastructures contribue aux pires indicateurs de développement humain, notamment en ce qui concerne la mortalité maternelle et infantile et le taux d'analphabétisme.

Le Soudan du Sud, qui accepte les critiques objectives des « experts », estime avoir mis en place un système de gouvernance décentralisé compétent, conformément à la Constitution de 2011. Ce sont 10 États qui ont été créés avec des gouverneurs démocratiquement élus. En 2010, le Président Kiir Mayardit a lui-même été élu avec une écrasante majorité, a rappelé M. Igga. Les prochaines élections ont été annoncées pour 2015.

Regrettant les problèmes sécuritaires qui ont surgi dans l'État de Jonglei, le Vice-Président a assuré la communauté internationale que son gouvernement est déterminé à faire de l'Armée populaire de libération du Soudan (APLS) une armée professionnelle, respectueuse des droits de l'homme et de l'état de droit. Le Président a amnistié les groupes rebelles et ordonné le désarmement de la population. Une commission pour la paix et la réconciliation a aussi été établie.

Par ailleurs, le gouvernement du Soudan du Sud a permis à la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), au Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) et aux agences humanitaires de se rendre partout dans le pays, y compris dans l'État de Jonglei. La situation dans la région de Pibor était particulièrement préoccupante, mais les personnes ayant besoin d'une assistance humanitaire ont été identifiées. Dans cette région, il est urgent de former une force de police capable d'éliminer la forte criminalité.

Le Vice-Président a appelé les parties en guerre au Soudan à trouver une solution politique durable. Il a demandé à la communauté internationale de jouer un rôle accru pour les aider à réduire le fossé qui les sépare. En outre, la guerre civile qui a lieu en ce moment dans les régions des Monts Nouba et du Nil bleu du Soudan, ainsi qu'au Darfour, a créé un afflux de réfugiés au Soudan du Sud.

« Compte tenu de son expérience, le Soudan du Sud pourrait jouer un rôle de médiation constructif afin de réaliser la paix le long de sa frontière nord », a suggéré M. Igga.

En conclusion, M. Igga a dit que le Soudan du Sud continuera de coopérer avec le Soudan pour mettre en œuvre l'accord sur le statut final d'Abyei à travers un référendum fixé à octobre 2013 par le Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l'Union africaine.

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