Le Conseil de sécurité se mobilise contre le fléau des armes légères

Le Conseil de sécurité des Nations Unies. Photo: ONU

26 septembre 2013 – Réuni jeudi au niveau ministériel, le Conseil de sécurité a exprimé sa profonde préoccupation devant le transfert, l'accumulation illicite et l'utilisation abusive d'armes légères et de petit calibre qui perpétuent les conflits et l'instabilité dans le monde et font tant de victimes.

Dans une résolution adoptée par 14 voix et une abstention – Fédération de Russie –, le Conseil se félicite des efforts déployés pour lutter contre ce fléau, exhortant à cette fin au renforcement de la coopération et au partage d'informations.

Présent lors de cette réunion, le Secrétaire général Ban Ki-moon a invoqué les exemples du Sahel, de la Guinée-Bissau, de la République centrafricaine ou encore de l'Irak pour dénoncer les ravages causés par les armes légères et de petit calibre, y compris sur les efforts de développement.

« Les armes légères sont source de crises, de conflits et de criminalité », a-t-il déclaré à l'ouverture d'une séance présidée par la Ministre des affaires étrangères de l'Australie, Julie Bishop, qui préside ce mois-ci le Conseil de sécurité.

Rappelant que les conflits armés constituent la première cause de déplacements et d'insécurité alimentaire, le chef de l'ONU a expliqué que la circulation incontrôlée d'armes légères menaçait les processus de paix et les efforts « par définition fragiles » de réconciliation.

Ces armes « exacerbent les violences intercommunautaires et la criminalité transnationale organisée et elles compromettent les efforts internationaux visant à renforcer l'état de droit, la justice sociale et mise en œuvre des OMD », a poursuivi M. Ban.

« Le monde est surarmé et la paix sous-financée. »

Le Secrétaire général a donc appelé les États à s'engager à construire un monde plus sûr pour tous et en particulier à signer et ceux qui ne l'ont pas encore fait à ratifier le Traité sur le commerce des armes. Adopté en avril dernier par l'Assemblée générale, ce texte réglemente le commerce international des armes conventionnelles, qui regroupe les huit catégories suivantes : chars de combat, véhicules blindés de combat, systèmes d'artillerie de gros calibre, avions de combat, hélicoptères de combat, navires de guerre, missiles et lanceurs de missiles, armes légères et armes de petit calibre.

Ce traité « historique» fait obligation aux États de réglementer les transferts internationaux d'armes, notamment en interdisant les exportations aux gouvernements incapables de les utiliser conformément aux dispositions prévues par la Charte des Nations Unies, a souligné M. Ban.

« Le traité permettra également de répondre au problème du détournement de stocks publics, qui fournit de manière inquiétante des armes aux pirates, aux rebelles et aux seigneurs de la guerre. »

« Absence de réglementation, facilitation d'accès aux armes et forte rentabilité du commerce illicite des armes forment un cocktail explosif », a prévenu le patron de l'ONU. « Pour preuve, le pillage des dépôts d'armes libyens a été un facteur d'instabilité au Mali», a-t-il observé.

Le Traité, qui a besoin de 50 ratifications pour entrer en vigueur, a jusqu'à présent été signé par 110 États et ratifié par sept.

M. Ban a ajouté que la traçabilité des armes à feu et les embargos peuvent jouer un rôle décisif. « Pourtant, des courtiers peu scrupuleux peuvent se soustraire à de telles restrictions. » Dans ce contexte, les différents groupes de surveillance des comités des sanctions du Conseil de sécurité ont besoin d'informations plus sûres, a-t-il recommandé.


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