Le Président Abbas veut s'appuyer sur le nouveau cycle de négociations pour concrétiser l'existence de la Palestine

Le Président de l'Etat de la Palestine., Mahmoud Abbas. Photo: ONU/Evan Schneider

26 septembre 2013 – Le Président de l'État de Palestine, Mahmoud Abbas, a affirmé jeudi à la tribune de l'Assemblée générale que l'objectif de son pays n'est pas de délégitimer l'État d'Israël, mais de consacrer l'existence d'un « État qui doit exister », celui de la Palestine, et que cet effort ne devait pas non plus se substituer à des « négociations sérieuses ».

« Notre peuple ne veut plus être un sujet constant de l'ordre du jour des réunions des Nations Unies. Notre peuple veut la liberté », a lancé M. Abbas au troisième jour du débat général.

Alors qu'un nouveau cycle de négociations vient de s'ouvrir il y a quelques semaines sous les auspices du gouvernement des États-Unis, M. Abbas a assuré que la Palestine poursuivra ses efforts « de bonne foi, avec l'esprit ouvert, une détermination ferme et une exigence de réussite ». « Nous allons respecter tous nos engagements et favoriser une atmosphère constructive afin de parvenir à un accord de paix d'ici à neuf mois », a-t-il annoncé.

L'objectif d'un tel accord, c'est de permettre d'établir « immédiatement » un État palestinien entièrement souverain, formé de l'ensemble des territoires palestiniens occupés depuis 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale, afin de permettre à la Palestine de vivre en paix et en sécurité aux côtés d'Israël.

« Nous réaffirmons notre refus d'entrer dans le vortex d'un nouvel accord intérimaire qui s'éterniserait ou d'accepter des dispositifs de transition qui deviendraient la norme en lieu et place de l'exception », a prévenu le Président Abbas.

« Notre voulons un accord permanent et complet, un accord de paix entre Israël et la Palestine capable de résoudre toutes les questions en suspens et de mettre officiellement fin au conflit. Les termes de références et les paramètres de ces négociations bénéficient d'un consensus international », a-t-il ajouté.

Vingt ans après la signature, en 1993, des Accords d'Oslo, le tableau est particulièrement décourageant et sombre, selon M. Abbas. « Les grands rêves se sont brisés et les objectifs sont devenus plus modestes ». Les objectifs d'Oslo n'ont pas été atteints, ni ses dispositifs et délais respectés.

« La poursuite intense de la colonisation qui vise à changer la situation sur le terrain, frappe ainsi de plein fouet le cœur même du processus de paix, en provoquant une profonde fracture dans sa pierre angulaire, à savoir la solution à deux États », a prévenu le Président de Palestine.

« Le début de ce nouveau cycle de négociation est une bonne nouvelle, mais cela ne suffit pas pour baisser la garde et donner à la communauté internationale un sentiment de sérénité qui serait largement exagéré », a-t-il souligné.

Face à la colonisation israélienne de son pays, M. Abbas s'est félicité de la position de l'Union européenne concernant les produits issus des colonies, y voyant un « exemple positif » de ce qui peut être fait pour créer un environnement propice à la poursuite des négociations et du processus de paix. Il a toutefois averti que les attaques « quasi-quotidiennes » contre des lieux saints dans les quartiers sous occupation de Jérusalem, notamment la mosquée d'Al-Aqsa, auront des « conséquences désastreuses ».

« Il faut renoncer à la logique de la force et de l'occupation et reconnaître les droits d'autrui. Il faut renoncer aux prétextes, aux obsessions sécuritaires et aux exigences qui ne font que tirer le conflit hors de son terrain politique, en direction de l'abîme du conflit religieux dans une région qui porte déjà un fardeau très lourd à cet égard », a souligné M. Abbas.

Même si la grande majorité de la population palestinienne est née après l'Al-Nakba de 1948, elle continue d'en être directement victime. Depuis le début de l'année, 27 Palestiniens ont été tués et 951 autre blessés par les balles de l'occupant « tandis que 5.000 combattants de la liberté sont détenus dans les prisons de l'occupant ».

« En dépit de leur neutralité, les réfugiés palestiniens continuent de payer le prix fort et, compte tenu de l'instabilité de la région, des dizaines de milliers d'entre eux ont été contraints d'entreprendre un nouvel exode », a dit M. Abbas en faisant référence aux réfugiés de Palestine en Syrie, qui ont du fuir de nouveau à cause du conflit dans ce pays.

En outre, depuis le début de l'année, 850 logements et autres structures ont été détruites à cause de l'expansion de la colonisation israélienne. Hormis le fait que Gaza soit toujours sous blocus, les colons israéliens ont perpétré cette année 708 « attaques terroristes contre des mosquées, des églises, des oliviers, des champs et des maisons de Palestiniens ».

« L'heure de la liberté pour le peuple palestinien a sonné. L'heure de l'indépendance de la Palestine a sonné. L'heure de la paix a sonné », a affirmé le Président de Palestine en soulignant que le temps presse et que la « fenêtre de la paix » est en train de se refermer au fur et à mesure. Le cycle actuel de négociations semble, selon lui, être celui de la dernière chance.


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