Sierra Leone: la Procureur du Tribunal spécial salue la condamnation finale historique de Charles Taylor

L’ex-Président libérien Charles Taylor. Photo: vidéo webcast ONU

26 septembre 2013 – La Procureur du Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), Brenda J. Hollis, a salué jeudi l'arrêt de la Chambre d'appels du TSSL confirmant la condamnation par la Chambre de première instance de Charles Taylor, l'ancien Président du Liberia , pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, commis au cours de la décennie de guerre civile en Sierra Leone.

« Cette décision finale confirme la responsabilité pénale de M. Taylor pour les crimes graves ayant causé des souffrances indicibles à des milliers, voire des dizaines de milliers de victimes en Sierra Léone. Ce jugement rend justice à ces victimes qui ont souffert horriblement à cause de Charles Taylor », s'est félicité la Procureur dans un communiqué de presse à La Haye.

Autorisé en août 2000 par le Conseil de sécurité des Nations Unies, le TSSL a été officiellement créé en juillet 2002, suite à un accord signé entre l'ONU et le gouvernement sierra-léonais. Il a pour mandat de juger les principaux responsables de crimes contre l'humanité, de crimes de guerre et de certains crimes prévus par le droit sierra léonais, commis depuis le 30 novembre 1996. À la différence d'autres cours de justice similaires créés par le Conseil de sécurité, le TSSL n'est pas un tribunal pénal international ad hoc et siège dans le pays où les crimes ont été commis, en Sierra Leone.

« Charles Taylor est le premier ancien chef d'Etat à être condamné pour crimes de guerre par un tribunal pénal international depuis Nuremberg en 1946 », a rappelé Mme Hollis, précisant que « la Chambre d'appels a confirmé les condamnations de M. Taylor concernant les 11 motifs de l'acte d'accusation avec une modification mineure, et a respecté la décision de la Chambre de première instance de condamner M. Taylor à 50 ans de prison ».

De par son arrêt, a estimé la Procureur, la Chambre d'appels a démontré que les chefs d'États seront dorénavant tenus pour responsables devant la justice des crimes de guerre et autres crimes internationaux dont ils se rendent coupables : « Personne, peu importe son pouvoir, n'est au-dessus de la loi ».

« La Chambre d'appels s'est alignée sur les jugements de la Chambre de première en vertus desquels les preuves existantes démontrent clairement que M. Taylor a aidé, encouragé, et prévu les crimes qui lui sont reprochés. Ce jugement confirme le rôle essentiel joué par M. Taylor dans les souffrances infligées à l'ensemble du peuple de Sierra Leone. »

La Procureur a tenu à féliciter « les témoins courageux » qui se sont présentés pour témoigner ainsi que le peuple de Sierra Leone. « Sans leur engagement en faveur de la justice, ce procès n'aurait pas eu lieu et cette Cour n'aurait pas existé », a-t-elle poursuivi, ajoutant que « leur résilience et leur courage nous donnent à tous beaucoup d'espoir pour un avenir de paix durable, de justice et de progrès en Sierra Leone ».

Le TSSL fermera ses portes avant la fin de 2013, et sera immédiatement remplacé par le Tribunal spécial résiduel pour la Sierra Leone, dont une des fonctions principales sera de garantir la protection et le soutien continus des personnes potentiellement en situation de danger, du fait de leur témoignage au TSSL. « Le Tribunal spécial résiduel réagira vigoureusement et efficacement face à tous cas de perturbation ou de harcèlement des témoins », a déclaré la Procureur.

« Le Tribunal spécial va bientôt fermer », a déclaré en conclusion Mme Hollis, « mais le courage des témoins et du peuple de Sierra Leone ne sera jamais oublié, et ne devrait jamais l'être ».


News Tracker: autres dépêches sur la question

Sierra Leone : le Conseil de sécurité proroge une dernière fois le mandat du BINUCSIL, jusqu'au 31 mars 2014

En savoir plus





Coup de projecteur