Pour le 20ème anniversaire de la Conférence de Vienne, l'ONU en appelle à la volonté politique pour réaliser les droits de l'homme

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay. Photo: ONU/Sarah Fretwell

25 septembre 2013 – Vingt ans après que les pays ont convenu de redoubler d'efforts pour protéger et promouvoir les droits de l'homme, un cadre juridique international est désormais en place et des progrès ont été réalisés, mais la mise en œuvre est toujours à la traîne dans de nombreux pays, ont déclaré mercredi de hauts fonctionnaires de l'ONU.

« Dans presque tous les domaines, du développement aux conflits, nous constatons que l'action de l'ONU dans le domaine des droits humains est insuffisante », a estimé le Haut Commissaire Navi Pillay lors d'une réunion de haut niveau qui s'est déroulée au Siège de l'ONU, en marge du débat annuel de l'Assemblée générale.

Mme Pillay a identifié le manque de volonté politique comme l'un des principaux obstacles à la mise en œuvre. « Les gouvernements sont responsables de la mise en œuvre des droits humains. Le succès ou l'échec de la promotion et de la protection de ces droits dépend avant tout de l'engagement politique des États membres de l'ONU, a-t-elle dit.

« Il y a un fossé énorme. Même les efforts de l'ONU, fondamentaux pour la protection des droits de l'homme dans le cadre du développement ou pour protéger les vies pendant les conflits, bénéficient parfois d'un soutien politique tardif ou insuffisant. »

Mme Pillay a noté que la situation des droits de l'homme en Syrie, par exemple, ne s'améliorera pas en l'absence de consensus politique sur la question des droits de l'homme.

«Grâce à l'engagement renforcé de l'ONU et des États Membres et avec une plus grande cohérence institutionnelle, nous pouvons réaliser cette mise en œuvre qui nous échappe encore », a-t-elle ajouté.

La manifestation d'aujourd'hui fait partie d'une série à l'occasion du 20ème anniversaire de la Conférence de Vienne sur les droits de l'homme, qui s'est tenue dans la capitale autrichienne en 1993. La Conférence a abouti à une Déclaration et à un Programme d'action, qui ont marqué le début d'un nouvel effort dans la protection et la promotion des droits de l'homme. C'est également lors de cette Conférence que les États membres ont décidé de créer le poste de Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.

Au cours de la réunion, qui a été organisée par Mme Pillay et le Président autrichien, Heinz Fischer, l'ancienne Haut Commissaire aux droits de l'homme, Mary Robinson, a noté que les huit objectifs anti-pauvreté connus sous le nom des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ne reflétaient pas adéquatement les droits humains. Aussi a-t-elle souligné que le programme de développement post-2015, auquel l'Assemblée générale réfléchit ces jours-ci, devait s'ancrer dans les droits humains et la primauté du droit et les questions de gouvernance.

La Vice-Secrétaire générale, Jan Eliasson, a fait écho à ces propos, en insistant sur le lien entre développement, paix et droits de l'homme. « Il n'y a pas de paix sans développement. Il n'y a pas de développement sans paix. Mais il n'y a pas de développement sans paix ou droits humains », a déclaré M. Eliasson. «Si l'un de ces piliers est faible, toute la structure est faible. »

Louise Arbour, qui était le précédent Haut Commissaire aux droits de l'homme, a souligné pour sa part que les progrès en matière de droits de l'homme ont été « assez modestes » par rapport à ceux accomplis dans d'autres domaines tels que la science et la technologie.

« Les progrès que nous avons réalisés au cours des 20 dernières années ont été essentiellement normatifs et institutionnels », a-t-elle affirmé, ajoutant que s'ils ne devaient pas être rejetés, il restait beaucoup de travail à faire pour que l'égalité entre tous les hommes et toutes les femmes devienne réalité.


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