La Présidente du Brésil propose la création d'un « cadre multilatéral civil » de gouvernance de l'Internet

La Présidente du Brésil, Dilma Rousseff, s’adresse à l’Assemblée générale de l’ONU, le 24 septembre 2013. Photo: ONU/Rick Bajornas

24 septembre 2013 – La Présidente du Brésil, Dilma Roussef a exhorté mardi l'ONU à jouer un rôle de premier plan dans la protection des Internautes contre l'interception illégale des communications et de données, qualifiant les récentes allégations d'espionnage électronique de « graves violations des droits de l'homme ».

« Une telle ingérence dans la vie et les affaires de pays étrangers constitue une violation du droit international et […] un affront aux principes qui doivent régir les relations entre les pays, surtout entre nations amies », a lancé mardi Mme Roussef dans son allocution au débat général de l'Assemblée générale, en faisant référence aux allégations selon lesquelles des renseignements sur les activités du gouvernement brésilien auraient été recueillies en toute illégalité.

Mme Roussef a annoncé que le Brésil ferait une proposition pour la création d'un « cadre multilatéral civil » applicable à la gouvernance et à l'usage de l'Internet et afin de veiller à la protection effective des données qui transitent par le Web. Elle a plaidé pour un mécanisme capable de veiller au respect du principe de la liberté d'expression, de la vie privée des personnes et des droits de l'homme, et d'assurer une gouvernance « ouverte, multilatéral et démocratique ».

La Présidente du Brésil a ensuite évoqué le programme de développement post-2015, appelant les États Membres à porter leur attention sur les résultats de la Conférence de Rio+20, dont l'une des avancées majeures a été d'inscrire la pauvreté au cœur du programme de développement durable.

Le Brésil, a-t-elle affirmé, considère que la lutte contre la pauvreté, la faim et les inégalités était « le plus grand défi de notre temps ».

Revenant sur les manifestations qui ont secoué le Brésil en juin dernier, Mme Rousseff a estimé que son gouvernement avait su écouter ses concitoyens comme une « partie intégrante du développement de notre démocratie et du changement social ».

« Mon gouvernement ne les a pas réprimées, mais a su au contraire écouter et comprendre la clameur venant de la rue », a assuré la dirigeante brésilienne, pour qui il ne faut pas se limiter à simplement écouter, mais aussi agir pour transformer cette « énergie extraordinaire » en des avancées profitables à tous.

Mme Rousseff a par ailleurs estimé que la représentation limitée au sein du Conseil de sécurité était une source de grave préoccupation, pointant du doigt « les difficultés immenses » à trouver une solution à la crise syrienne et la paralysie dans laquelle se trouve cet organe concernent le conflit israélo-palestinien. « Le moment est venu de réaliser un important consensus international en faveur de la solution à deux États », a-t-elle tranché.


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