RCA: un expert de l'ONU plaide pour une protection urgente des personnes déplacées

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des personnes déplacées, Chaloka Beyani. Photo: ONU/Jean-Marc Ferré

24 septembre 2013 – Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des personnes déplacées, Chaloka Beyani, a lancé mardi un appel urgent pour renforcer la protection et l'assistance des personnes déplacées en République centrafricaine (RCA).

« J'exhorte le gouvernement de transition de la République centrafricaine à faire tout son possible pour assurer la protection des personnes déplacées et faciliter l'action humanitaire », a déclaré M. Beyani. « La situation de toutes les personnes déplacées qui se cachent dans des zones reculées, notamment dans la brousse dans des conditions sanitaires déplorables et sans accès aux services de base est extrêmement préoccupante ».

Plus de quatre mois après la prise de pouvoir par les rebelles de la Séléka, le pays a sombré dans l'insécurité et la population subit des violations généralisées des droits de l'homme, victime de viols et de pillage. Ces exactions ont provoqué des déplacements massifs.

Au début du mois de septembre, on comptait plus de 260.000 personnes déplacées à l'intérieur de la RCA, dont plus de 100.000 enfants. La plupart des enfants déplacés ne sont plus en mesure de se rendre dans les écoles détruites, fermées ou occupées par des groupes armés. Les enfants déplacés sont particulièrement exposés au risque de recrutement forcé par les groupes armés.

« Le travail de l'ONU et de la société civile centrafricaine et internationale pour les personnes déplacées est indispensable pour protéger des vies », a souligné M. Bayani. « Je salue le dialogue interactif qui aura lieu au Conseil des droits de l'homme le 25 septembre sur la situation en République centrafricaine ».

« J'espère qu'à cette occasion, le Conseil abordera la question des droits des personnes déplacées dans le pays et fera des recommandations concrètes pour contribuer à une meilleure protection des déplacés centrafricains », a-t-il poursuivi.

Le Rapporteur spécial a noté que la récente mission de l'ONU à Paoua, dans la province nord-ouest de l'Ouham-Pendé, a fait état de villages abandonnés et de déplacements massifs. Après une série d'attaques menées par des groupes armés non identifiés, 30 personnes y auraient été tuées et des milliers d'autres déplacées. Le 7 septembre, deux travailleurs humanitaires ont été tués par des hommes armés, tandis que 30.000 villageois se cachent dans la forêt.

L'expert a souligné l'existence d'un autre élément inquiétant, à savoir la destruction massive et systématique des registres publics, y compris les certificats de naissance et autres documents judiciaires et administratifs. L'absence de documents officiels dus à leur destruction lors des attaques ou à leur perte suite aux déplacements de la population a des conséquences particulièrement négatives sur les personnes déplacées.

Le Rapporteur spécial a également salué l'engagement des agences onusiennes et des ONG partenaires de la République centrafricaine en faveur de l'aide et la protection des personnes déplacées dans des conditions difficiles et mêmes dangereuses.

« Le gouvernement de la RCA doit honorer ses obligations et veiller à la protection et au soutien des personnes déplacées jusqu'à ce que des solutions durables soient trouvées. Ces obligations sont fixées par la Convention de l'Union Africaine sur la protection et l'assistance aux personnes déplacées en Afrique, ratifiée par la République centrafricaine en 2010 », a rappelé M. Beyani.


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