Ban encourage les États membres à entendre les revendications de dignité et de développement de tous les peuples

24 septembre 2013 – Le Secrétaire général Ban Ki-moon a appelé mardi chefs d'États et gouvernements à « répondre à l'appel de l'histoire » et aux revendications légitimes de dignité et développement durable des peuples du monde.

« Chaque année, à cette époque, nous nous retrouvons. Non pas pour préserver le statu quo, mais pour pousser le monde vers l'avant. Nous vivons une époque riche de possibilités. Nous sommes la première génération qui a les moyens de faire disparaître la pauvreté de la surface de la terre. Pourtant, des pressions de plus en plus fortes s'exercent sur la planète et ses habitants. Le climat se réchauffe. Les jeunes ne trouvent pas d'emploi. Les conflits perdurent », a rappelé M. Ban, alors qu'il présentait son rapport annuel sur le travail de l'Organisation aux chefs d'Etats et de gouvernement réunis à l'occasion du débat général de la 68ème session de l'Assemblée générale.

Depuis plus de dix ans, a-t-il dit, la fin de 2015 est un horizon distant. Ce moment qui semblait lointain approche maintenant à grand pas, a prévenu le patron de l'ONU, en rappelant qu'il s'agissait de la date-butoir fixée pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

« L'année 2015 est l'occasion d'écrire l'histoire. Les OMD ont marqué les esprits, suscité des progrès remarquables et fait taire les doutes qui s'exprimaient quant au développement lui-même. Pourtant, nous sommes loin du compte à certains égards. L'inégalité s'accentue. Trop de gens sont exploités, dans les champs ou à l'usine », a poursuivi M. Ban.

Le nouveau programme de développement doit, selon lui, être aussi mobilisateur que les OMD, tout en allant plus loin. L'éradication de la pauvreté doit en être la « priorité absolue », et le développement durable l'« élément central », et la gouvernance le « ciment ». Il doit s'exprimer en une « seule et unique série d'objectifs », en l'absence de toute hiérarchie entre les trois dimensions du développement, à savoir la protection de l'environnement, la justice sociale et la croissance économique.

Avocat d'une « justice climatique », M. Ban a rappelé aux Etats membres que le réchauffement planétaire menaçait tous les acquis du développement. « Le message […] des scientifiques est clair, comme nous le constaterons une nouvelle fois cette semaine quand le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat publiera sa dernière évaluation en date », a-t-il annoncé.

Quant à la crise syrienne, que M. Ban a qualifiée de « plus grand problème que le monde connaisse actuellement en ce qui concerne la paix et la sécurité », il a enjoint à la communauté internationale d' assumer la responsabilité commune de trouver une solution pour mettre fin à la tragédie.

« Je demande à tous les États d'arrêter d'alimenter le conflit sanglant qui déchire la Syrie et de mettre un terme aux livraisons d'armes à toutes les parties. Je compte sur l'adoption imminente d'une résolution contraignante du Conseil de sécurité sur les armes chimiques », a lancé le Secrétaire général. « Toute victoire militaire est une illusion. La seule solution est un règlement politique ».

A cet égard, M. Ban s'est félicité de la reprise des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens, saluant les interventions diplomatiques « audacieuses » grâce auxquelles cette reprise a été possible. Cependant, il a averti que l'occasion d'atteindre la solution de deux États est en train de se refermer rapidement.

Au-delà du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, le Secrétaire général a exprimé sa satisfaction de voir des pays d'Afrique écrire un nouveau chapitre dans lequel le dynamisme va de pair avec la démocratie et une croissance économique « aussi soutenue qu'impressionnante ».

« En Somalie, des progrès politiques; au Mali, des élections crédibles; en République démocratique du Congo, un maintien de la paix plus robuste; et, pour la région des Grands Lacs, un nouvel accord-cadre porteur d'espoir : autant d'acquis sur lesquels nous pouvons construire », a énuméré M. Ban.

« Ceci étant, au Sahel, la misère et l'instabilité persistent. En République centrafricaine, l'ordre public s'est effondré. Des millions de personnes sont coupées de toute assistance et risquent d'être victimes d'exactions. Pourtant, […] notre appel à l'aide en faveur de ce pays ne suscite que des contributions désespérément insuffisantes », a-t-il regretté.

Partout dans le monde, le même constat est fait que les droits de l'homme et la primauté du droit sont les fondements de la stabilité et de la coexistence, et il faut, selon M. Ban, un engagement plus ferme en faveur de la justice internationale et de la Cour pénale internationale (CPI).

En rappelant que cette année marque le vingtième anniversaire de la Conférence mondiale de Vienne sur les droits de l'homme, le chef de l'ONU a jugé le moment opportun pour réaffirmer l'attachement de la communauté internationale aux principes fondateurs de l'Organisation et renforcer les outils de prévention des violations à grande échelle.

« La paix et l'exercice des droits de l'homme resteront des mirages tant que nous ne nous attaquerons pas au problème des armes. L'année dernière a été marquée par l'adoption d'un instrument prometteur, le Traité sur le commerce des armes, qui vient enfin réglementer les transferts internationaux d'armes classiques », s'est-il félicité.

« Mais le désarmement nucléaire piétine. Des armes à l'immense pouvoir de destruction prolifèrent. Le Traité sur l'interdiction complète des essais d'armes nucléaires n'est toujours pas en vigueur. Et les armes légères continuent de blesser et de tuer », a-t-il ajouté. « Alors que les besoins de l'humanité sont immenses, les dépenses d'armement demeurent absurdement élevées. Nous devons reconnaître les vraies priorités et investir dans les gens au lieu de gaspiller des milliards en armes de guerre ».

« Vous, dans vos pays, et nous, qui sommes réunis ici, occupons une position extrêmement privilégiée. Nous devons nous en montrer dignes. Nous devons entendre les exigences légitimes des peuples du monde et répondre à l'appel de l'histoire », a conclu M. Ban.


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