Grands Lacs: les signataires de l'Accord-cadre condamnent les violences et mettent l'accent sur la coopération régionale

L’Envoyée spéciale du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, Mary Robinson. Photo: ONU/JC McIlwaine

23 septembre 2013 – Les signataires de l'Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo (RDC) et la région des Grands Lacs ont condamné fermement lundi la reprise récente des activités militaires dans l'est de la RDC, tout en saluant certaines avancées dans la mise en œuvre de cet instrument, rendue possible par la coopération régionale.

A l'occasion d'une réunion, au Siège de l'ONU à New York, du Mécanisme de suivi régional, destiné à évaluer la mise en œuvre de l'Accord, des chefs d'Etat et de gouvernements et des ministres de la région ont mis en cause « la reprise des hostilités par le M23, qui ont fait de nombreuses victimes civiles et provoqué d'importants dégâts dans les zones occupés et la ville de Goma, y compris les attaques répétées contre les Forces armées de la RDC (FARDC), les Casques bleus de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation au Congo (MONUSCO) et les travailleurs humanitaires ».

Signé en février 2013 à Addis-Abeba par la RDC et dix autres pays de la région, ainsi que par quatre organisations régionales et internationales, l'Accord-cadre propose une approche globale pour une paix durable dans les Grands Lacs, régulièrement menacés par les activités de groupes rebelles armés. La seconde réunion du Mécanisme de suivi régional se tenait à New York à la veille du débat de l'Assemblée générale des Nations Unies, sous les auspices du Secrétaire général Ban Ki-moon et du Président de la Commission de l'Union africaine, le Dr. Nkosazana Dlamini-Zuma.

« Nous avons condamné les bombardements du territoire rwandais. Nous avons également condamné toutes les forces exerçant une influence négative, notamment les Maï Maï, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), l'Armée nationale de libération de l'Ouganda (NALU) et les Forces démocratiques alliées (ADF), dont les agissements sont à l'origine de déplacements massifs et des flux de réfugiés », précise le communiqué final de la réunion.

Au cours de l'année écoulée, les combats dans la région ont contribué au déplacement de plus de 100.000 Congolais, aggravant une crise alimentaire qui touche 6,4 millions de personnes, dont

2,6 millions de déplacés.

Dans la déclaration qu'il a prononcée lors de cette réunion, Ban Ki-moon s'est dit « consterné par les attaques contre des civils, notamment des femmes et des enfants vulnérables », en assurant que « le personnel de la MONUSCO fait tout ce qui est en son pouvoir pour s'acquitter de son mandat et protéger ces victimes innocentes ».

« La première chose à faire est d'atténuer les tensions dans la région pour que l'Accord-cadre puisse être appliqué », a insisté Ban Ki-moon auprès des participants, tout en précisant que « les ressources font défaut pour répondre aux besoins actuels dans la région ».

Parallèlement, l'Envoyée spéciale du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, Mary Robinson, a souligné en conférence de presse cet après-midi l'importance de la coopération régionale pour veiller à la mise en œuvre de cet Accord.

« Nous allons voir une réelle différence. Les groupes armés ne seront pas autorisés à faire durer cette situation intolérable, où les familles vivent dans la peur et où les populations sont déplacées », a déclaré l'ex-Présidente de l'Irlande, chargée de superviser l'application de cet Accord qu'elle avait qualifié par le passé de « cadre de l'espoir ».

Dans leur communiqué final, les onze pays signataires ont encouragé les autres initiatives de la région dont le processus quadripartite d'Oyo et adopté le rapport du Comité technique d'appui (CTA) et ses critères de progrès. Ils ont d'ailleurs appelé le CTA à raffiner ces critères et à développer un plan détaillé de mise en œuvre de l'Accord-cadre.

Tout en se félicitant de certains faits récents, notamment de la tenue à Kampala du sommet extraordinaire de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, le Secrétaire général a salué les travaux du Comité d'appui technique pour arrêter des objectifs et des indicateurs de progrès.


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