OIT: le travail des enfants dans le monde recule, mais à un rythme encore trop lent

Un petit garçon travaille comme ouvrier près de Katmandou, au Népal. Photo: David Longstreath/IRIN

23 septembre 2013 – Le nombre total d'enfants qui travaillent dans le monde a diminué d'environ un tiers depuis 2000, passant de 246 à 168 millions, indique un nouveau rapport rendu public lundi par l'Organisation internationale du Travail (OIT), qui précise toutefois que cette avancée significative ne sera pas suffisante pour réaliser l'objectif fixé par la communauté internationale d'éliminer les pires formes de travail des enfants d'ici à 2016.

« Nous avançons dans la bonne direction, mais les progrès sont encore trop lents. Si nous voulons vraiment mettre fin au fléau du travail des enfants dans un futur proche, nous devons redoubler d'efforts à tous les niveaux », a déclaré le Directeur général de l'OIT, Guy Ryder, tout en ajoutant avec fermeté qu'il existe « 168 millions de bonnes raisons à cela ».

Intitulé « Mesurer les progrès de la lutte contre le travail des enfants », le rapport s'inscrit dans la perspective de la 3ème Conférence mondiale sur le travail des enfants, qui se tiendra du 8 au 10 octobre au Brésil. Il démontre notamment que les principaux progrès enregistrés l'ont été entre 2008 et 2012, période durant laquelle le nombre total d'enfants qui travaillent est passé de 215 à 168 millions.

« Plus de la moitié des 168 millions d'enfants qui travaillent aujourd'hui dans le monde sont engagés dans des activités dangereuses, qui mettent directement en péril leur santé, leur sécurité et leur développement moral », constate le rapport, précisant que « le nombre d'enfants qui effectuent actuellement des travaux dangereux s'élève à 85 millions, par rapport à 171 millions en 2000 ».

Entre autres conclusions, le rapport indique que la zone géographique où les enfants qui travaillent sont les plus nombreux, en valeur absolue, est la région Asie-Pacifique, qui en compte près de 78 millions. L'Afrique subsaharienne continue cependant de présenter la plus forte prévalence en proportion de sa population, avec plus de 21 %.

« L'incidence du travail des enfants est plus élevée dans les pays pauvres, mais les pays à revenu intermédiaire ont les plus gros effectifs d'enfants qui travaillent », poursuit le rapport de l'OIT, notant également que « le travail des enfants a reculé de 40 % chez les filles depuis 2000, par rapport à 25 % chez les garçons ».

L'agriculture reste de loin le secteur qui emploie le plus d'enfants au travail, avec environ 98 millions d'entre eux, soit 59 % du total. Le phénomène n'est cependant pas négligeable dans les services, qui emploient 54 millions d'enfants, et dans l'industrie (12 millions), essentiellement pour des activités liées à l'économie informelle.

Le rapport identifie un certain nombre d'actions qui ont permis de réaliser des progrès dans la lutte contre le travail des enfants au cours des dernières années, notamment les choix politiques et les investissements en matière d'éducation et de protection sociale. « La détermination politique des gouvernements, le nombre croissant de ratifications des deux conventions de l'OIT concernant le travail des enfants, des choix politiques forts et des cadres législatifs solides » sont également des facteurs déterminants, précise le rapport.

« Personne ne peut s'attribuer seul le mérite de ce résultat, dans la mesure où nombreux sont les acteurs qui ont attiré l'attention sur les effets négatifs du travail des enfants sur la croissance économique, l'avenir de nos sociétés et les droits des enfants », a rappelé en conclusion la Directrice du Programme international de l'OIT pour l'abolition du travail des enfants (IPEC), Constance Thomas. « Cependant, le rôle joué par l'OIT à la tête de ce combat contre le travail des enfants, à travers ses normes et son système de supervision, ses conseils, son renforcement des capacités et son action directe, mérite une mention spéciale».


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