Le programme de développement post-2015 doit prendre en compte les droits des personnes handicapées – ONU

Un centre d'apprentissage pour personnes handicapées, en Roumanie. Photo: Banque mondiale/Flore de Préneuf

23 septembre 2013 – Les droits des personnes handicapées doivent être pleinement pris en compte dans le cadre du programme de développement post-2015, ont affirmé lundi des responsables de l'ONU devant un parterre de chefs d'État et de gouvernement, qu'ils ont exhorté à se doter de politiques facilitant l'émergence de sociétés où chacun pourrait trouver sa place.

« Le handicap fait partie de la condition humaine ; presque tout le monde sera temporairement ou définitivement concerné à un moment donné de sa vie », a prévenu le Secrétaire général Ban Ki-moon à l'ouverture de la réunion de haut niveau de l'Assemblée générale sur le handicap et le développement, à laquelle ont participé une trentaine de dignitaires.

« Pourtant, trop de personnes handicapées vivent dans la pauvreté. Trop de gens souffrent de l'exclusion sociale. Trop nombreux sont ceux qui se voient refuser l'accès à l'éducation, à l'emploi, aux soins de santé et aux soutiens social et juridique. »

Plus d'un milliard au total, les personnes handicapées forment la plus grande minorité du monde. Quatre-vingt pour cent d'entre elles sont en âge de travailler et la grande majorité réside dans des pays en développement.

« Chacun d'entre nous souffre lorsque les communautés sont divisées, tout comme chacun d'entre a quelque chose à gagner lorsque les communautés sont unies », a lancé M. Ban aux dirigeants qui ont pris part à cette réunion.

Pour le Secrétaire général, les personnes handicapées font partie intégrante de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), qui doivent être atteints avant la date-butoir de 2015, ainsi que du programme de développement qui leur succèdera et que la communauté internationale est en train d'élaborer.

Convenus lors du Sommet du Millénaire de 2000, les OMD sont des objectifs spécifiques portant sur l'éradication de la pauvreté, l'éducation, l'égalité entre les sexes, la santé maternelle et infantile, le respect de l'environnement, la lutte contre la pandémie de VIH/sida et un partenariat mondial pour le développement. Toutefois, aucun de ces objectifs ne répond spécifiquement aux besoins des personnes handicapées.

« Nous devons renforcer le cadre juridique international existant en matière de handicap et de développement », a plaidé M. Ban. « Nous devons agir dès maintenant pour éliminer les obstacles qui se posent à l'accès de ces personnes sur le plan logistique, mais aussi dans le domaine de l'information et des communications. Et nous ne devons pas seulement lever les obstacles physiques – mais aussi les barrières que constituent la stigmatisation et la discrimination. »

Prenant également la parole lors de cette réunion, le Président de l'Assemblée générale, John Ashe, a appelé les États membres qui ne l'ont pas encore fait à ratifier la Convention relative aux droits des personnes handicapées, à laquelle 134 pays sont actuellement parties.

« La Convention est un symbole fort de l'engagement de la communauté internationale à intégrer la dimension du handicap à tous les niveaux de la société et à tous les stades du développement. Et si les symboles sont d'une importance indubitable, cet engagement doit maintenant être pleinement reflété dans tous les cadres et actions, présents et futurs, du développement », a-t-il préconisé.

Au cours de la réunion d'aujourd'hui, les dirigeants présents examineront et adopteront une résolution qui appelle à un développement créateur d'opportunités et d'emploi décents pour les personnes handicapées, et capable de leur fournir un accès aux services sociaux de base.

Intitulé « La voie à suivre: un agenda inclusif du handicap à l'horizon 2015 et au-delà », le document final de la réunion réaffirme l'engagement des pays à répondre ensemble à cette question et à appuyer les objectifs fixés par la Convention.

MM. Ban et Ashe ont exhorté les gouvernements à ne ménager aucun effort pour mettre en œuvre les dispositions du document final et à œuvrer à l'avènement de véritables sociétés inclusives où chacun pourrait vivre avec dignité.

La réunion a été organisée avec la participation du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et d'autres agences, fonds et programmes du système des Nations Unies, ainsi que d'États Membres et de la société civile.

Plus de 800 représentants d'organisations de personnes handicapées ont participé à l'événement. Parmi eux, le chanteur et Messager de la paix de l'ONU Stevie Wonder, qui a évoqué l'importance de rendre l'éducation et l'information accessibles aux personnes handicapées.

« Pour que la société et le développement incluent les personnes handicapées, nous devons bénéficier d'un accès égal à l'éducation, aux savoirs et à l'information. Pourtant, sur les millions de publications qui circulent chaque année, moins de 5% sont disponibles dans des formats accessibles aux personnes malvoyantes. Dans les pays en développement, le pourcentage est encore plus faible », a relevé M. Wonder.

« Je sais qu'en travaillant ensemble, nous pouvons créer un monde où les personnes handicapées ne seront confrontées à aucune limite et pourront travailler librement, profiter de la vie et mettre leurs talents au service de la société. »


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