Droits de l'homme : un expert de l'ONU exhorte l'Iran à libérer d'autres prisonniers politiques

Le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en Iran, Ahmed Shaheed. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

23 septembre 2013 – Qualifiant la libération récente de prisonniers politiques en Iran « de pas dans la bonne direction », un expert indépendant des Nations Unies sur la question des droits de l'homme a enjoint lundi au gouvernement de ce pays de relâcher des centaines de détenus supplémentaires, emprisonnés pour avoir exercé leurs droits à la liberté d' expression, d'association et de réunion.

« J'exhorte le gouvernement iranien à prendre des mesures supplémentaires pour assurer la libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques, ainsi qu'à s'engager sur la voie des promesses électorales réalisées par le Président Hassan Rouhani afin de réduire la censure dans ce pays », a déclaré le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en Iran, Ahmed Shaheed.

Dans un geste salué à la fois par le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, le gouvernement iranien a procédé la semaine dernière à la libération de plus d'une douzaine de prisonniers politiques, notamment l'avocate et éminente militante des droits de l'homme Nasrin Sotoudeh, le défenseur des droits humains et militant de la campagne Un Million de Signatures, Mahboubeh Karami, et la partisane des Mères en deuil du parc Laleh, Jila Karamzadeh-Makvandi.

« La décision du gouvernement iranien de libérer les prisonniers est un pas dans la bonne direction pour faire progresser la question des obligations internationales de l'Iran en matière de droits de l'homme », s'est félicité M. Shaheed.

Soulignant le rôle essentiel joué par les avocats et défenseurs des droits de l'homme dans la société iranienne, le Rapporteur spécial a appelé les autorités à remettre en liberté d'autres avocats et militants des droits de l'homme, en particulier Abdolfattah Soltani et Mohammad Ali Dadkhah, qui purgent actuellement des peines pour des faits potentiellement liés à leurs activités en faveur des droits de l'homme.

« Il est vital pour l'avenir du pays que l'ensemble des citoyens puissent faire entendre leur voix et soient autorisés à jouer leur rôle légitime dans l'élaboration d'un cadre politique inclusif en Iran », a poursuivi l'expert.

M. Shaheed a également renouvelé son appel au gouvernement pour qu'il s'engage sur la voie d'une coopération « significative et constructive » avec l'ONU, en vue d'améliorer la situation des droits humains dans le pays, réitérant à ce titre son souhait de s'y rendre en sa qualité de Rapporteur spécial.

Les experts indépendants ou rapporteurs spéciaux sont nommés par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, basé à Genève, afin d'examiner et de rédiger des rapports, à titre non rémunéré, sur des thèmes spécifiques relatifs à la question des droits de l'homme. Depuis sa nomination en tant que Rapporteur spécial, en août 2011, M. Shaheed a présenté plusieurs demandes officielles auprès du gouvernement iranien afin d'obtenir la permission d'effectuer une mission dans le pays, sans succès jusqu'à présent.


News Tracker: autres dépêches sur la question

Pillay encourage le gouvernement iranien à mettre à profit la récente libération de prisonniers politiques

En savoir plus





Coup de projecteur