Ban réaffirme l'importance du partenariat entre l'ONU et l'Organisation de la francophonie

Le Secrétaire général Ban Ki-moon. Photo: ONU/Rick Bajornas

23 septembre 2013 – Lors de consultations ministérielles de haut niveau, le Secrétaire général Ban Ki-moon a réaffirmé lundi l'importance du partenariat de longue date entre l'Organisation des Nations Unies et l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), qui couvre un large éventail de questions, notamment la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

« Nous travaillons ensemble pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement. Il ne reste que 800 jours avant la date-butoir de 2015, aussi devons nous accélérer les progrès pour tenir nos engagements », a-t-il rappelé, en préconisant l'élaboration pour l'après 2015 d'un programme « unique, cohérent et ambitieux » centré sur le développement durable et avec comme « priorité absolue » l'éradication de la pauvreté.

« La voix de la communauté francophone se fait entendre dans les débats internationaux sur l'élaboration d'un programme de développement pour l'après 2015. C'est l'occasion […] de nous attaquer aux problèmes complexes d'une nouvelle ère », a déclaré le patron de l'ONU, alors que l'Assemblée générale consacre aujourd'hui même une réunion de haut niveau à ce thème.

Le Secrétaire général n'en a pas moins longuement souligné les grandes questions d'intérêt commun pour l'ONU et l'OIF dans le domaine de la paix et de la sécurité, en particulier l'assistance électorale et les missions de bons offices qui ont abouti à des résultats « très encourageants » au Bénin, au Burkina Faso et en Guinée.

Ce partenariat s'illustre également, a-t-il dit, dans les domaines de la consolidation et du maintien de la paix, du suivi des processus électoraux, de la protection de la diversité linguistique et culturelle, de l'état de droit et de la réforme du secteur de la sécurité, a relevé le chef de l'ONU.

Préoccupé par la situation en République centrafricaine (RCA), et en particulier par la crise humanitaire – à laquelle une réunion de haut niveau sera consacrée le 25 septembre en marge du débat général de l'Assemblée –, le numéro 1 de l'ONU s'est également déclaré inquiet de la « fragilité » du processus de transition et des institutions établies pour le piloter.

Aussi a-t-il demandé à l'OIF d'aider la RCA, comme elle l'a déjà fait par le passé, notamment en soutenant le Dialogue politique sans exclusive qui s'est tenu en décembre 2008 et dont plusieurs recommandations restent d'actualité, a plaidé M. Ban.

Notant les progrès récemment accomplis sur la voie du règlement de l'impasse politique à Madagascar, il a salué la volonté de l'Organisation de la Francophonie de voir se rétablir l'ordre constitutionnel dans ce pays, où l'ONU accompagne le processus électoral, notamment en fournissant un appui direct à la Commission électorale.

« Avec l'Union africaine, la SADC et d'autres partenaires internationaux, nous devons continuer à travailler en étroite et constante concertation pour aider les Malgaches à appliquer la Feuille de route devant leur permettre de mener à bien la transition. »

Au Mali, a poursuivi le Secrétaire général, si l'élection présidentielle a marqué une étape-clé dans le retour à l'ordre constitutionnel, il est maintenant essentiel de se pencher sur les causes profondes de la crise et de se concentrer sur la réconciliation nationale. Selon lui, la priorité doit être donnée au dialogue, au renforcement de la gouvernance, à la réforme du secteur de la sécurité, au rétablissement de l'autorité de l'État et à la protection des droits de l'homme. « En premier lieu, nous encourageons le gouvernement et les groupes armés du nord à appliquer intégralement l'Accord préliminaire du 18 juin. »

La situation doit être abordée dans sa globalité, « pour remédier durablement aux causes structurelles de l'instabilité et de la fragilité du Sahel et renforcer la résilience pour que la région soit mieux à même de résister aux crises », a estimé M. Ban. C'est l'objectif principal de la stratégie intégrée de l'ONU, entérinée par le Conseil de sécurité en juin 2013.

Enfin, il faut selon lui continuer de lutter « ensemble » contre la menace de la piraterie dans le Golfe de Guinée. En juin, au Sommet sur la sûreté et sécurité maritime qui s'est tenu à Yaoundé, les dirigeants de la région ont montré leur détermination à lutter contre ce fléau. « L'adoption d'un Code de conduite définissant la stratégie maritime régionale est une étape déterminante. L'ONU apporte un appui technique aux organisations régionales en vue de la concrétisation de la stratégie régionale », a précisé le Secrétaire général.