L'ONU tire la sonnette d'alarme devant la détérioration de la situation humanitaire en Syrie

Plus de la moitié des réfugiés syriens au Liban sont des enfants. Photo: OCHA/D. Palanivelu

20 septembre 2013 – Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a indiqué vendredi que 4.150 enfants syriens non accompagnés ont désormais franchi les frontières avec les pays voisins. Ce chiffre prend uniquement en compte les enfants identifiés et enregistrés, les chiffres réels étant vraisemblablement plus élevés.

« Chacun de ces enfants a été témoin ou victime de violences et d'expériences traumatisantes. Séparés de leurs parents, ils sont extrêmement vulnérables à l'exploitation et aux abus », a expliqué la porte-parole de l'UNICEF, Marixie Mercado, lors d'une conférence de presse à Genève.

Le Liban accueille le plus grand nombre d'entre eux, 1.698 au total. Dans la vallée de la Bekaa, de jeunes réfugiés nouvellement arrivés ont été associés à des travaux agricoles.

La Jordanie accueille quant à elle 1.170 enfants, la plupart dans le camp de Za'atari. En Iraq, l'UNICEF estime qu'ils sont au nombre de 300, accompagnés ou séparés de leurs familles, à être récemment arrivés dans le nord du pays. Beaucoup travailleraient pour pouvoir envoyer de l'argent à leurs familles restées au pays, tandis que d'autres cherchent à tout prix à être scolarisés.

D'après l'UNICEF, les raisons qui poussent les enfants à quitter la Syrie par leurs propres moyens sont nombreuses. Certains ont perdu leurs parents et leurs proches dans les combats et ont dû fuir. D'autres sont partis à la recherche de proches partis avant eux.

« Certains ont été contraints à partir par leurs parents qui redoutaient de les voir recrutés par des groupes armés. De plus en plus d'enfants quittent leurs familles pour chercher du travail et aider leurs familles démunies », a poursuivi Mme Mercado.

L'UNICEF travaille avec les agences onusiennes et d'autres partenaires pour identifier les enfants séparés et non accompagnés et garantir leur protection, l'accès à un abri et à des soins médicaux, ainsi qu'à une éducation et à un soutien psychosocial.

De son côté, le Programme alimentaire mondial (PAM) a exprimé sa préoccupation devant la situation de nombreuses populations vulnérables prises au piège dans les zones de conflit à Damas, dans les faubourgs de la ville et dans plusieurs autres régions où l'agence onusienne a de plus en plus de difficultés à se rendre. Le PAM a appelé toutes les parties prenantes à ménager un passage sécurisé pour les denrées alimentaires destinées aux familles qui en dépendent cruellement.

« Le PAM déploie toutes ses capacités logistiques pour venir en aide à ces personnes. Nous travaillons dans un environnement très difficile. Depuis le début de l'année, le PAM a enregistré une cinquantaine d'incidents, notamment des vols et des confiscations de vivres par des groupes armés. Parfois, le PAM a pu récupérer les articles volés au terme de négociations, mais les chauffeurs sont de plus en plus réticents à se rendre dans les zones à risque », a observé la porte-parole du PAM, Elisabeth Byrs.

Cette semaine, un entrepôt du PAM d'une banlieue de Damas a essuyé des tirs. Trois obus de mortier ont touché le bâtiment, causant des dégâts structurels. Un obus a touché un véhicule stationné à l'intérieur de l'entrepôt avec à bord 920 sacs de sucre, dont un certain nombre ne sont plus propres à la consommation.

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