Un expert de l'ONU demande une protection renforcée pour les lanceurs d'alerte

L’expert indépendant des Nations Unies sur la promotion d’un ordre international démocratique et équitable, Alfred de Zayas. Photo: Kristof Berking.

11 septembre 2013 – Le Rapporteur spécial pour la promotion d'un ordre international démocratique et équitable, Alfred de Zayas, a exhorté mercredi les gouvernements du monde entier à assurer la protection des groupes et des individus de la société civile qui interviennent pour renforcer la transparence et garantir la reddition de comptes par les décideurs.

« Un système international démocratique et équitable ne peut être réalisé tant que les acteurs de la société civile continuent d'être victimes d'intimidation, de harcèlement et de violences et les individus privés de leur droit de participer à la conduite des affaires publiques », a affirmé M. de Zayas devant le Conseil des droits de l'homme.

Selon l'expert indépendant de l'ONU, l'accès à des informations fiables de sources diverses, publiées ou mises en ligne par des médias indépendants, est essentiel pour permettre aux gens de former leurs propres opinions et de prendre part à la vie publique.

« Des mesures de protection spécifiques doivent être prises pour les défenseurs des droits de l'homme et les lanceurs d'alertes qui sont dans certains cas accusés d'être des ennemis de l'État, alors qu'en réalité, ils rendent un service démocratique à leur pays et contribuent au respect des droits de l'homme de leurs compatriotes », a souligné M. de Zayas.

« En dépit de leur soutien de façade à la démocratie, trop de gouvernements oublient qu'en démocratie, le peuple est souverain », a-t-il ajouté, en précisant que de nombreux gouvernements sont plus attentifs aux lobbys et aux intérêts particuliers qu'aux aspirations de leurs propres populations.

Le rapporteur a exprimé sa préoccupation devant la tendance de certains gouvernements à vouloir défendre les intérêts de l'industrie militaire, des banques et des multinationales plutôt que ceux de leur propre population, ce qui crée souvent des troubles aux plans national et international.

« À cet égard, les Cours constitutionnelles ont un rôle primordial pour lancer des poursuites judiciaires à l'encontre des dirigeants d'un pays en cas de manquements à leurs responsabilités », a indiqué M. de Zayas.

Dans son rapport, l'expert a fait plusieurs recommandations pour mieux protéger les voix émanant des groupes marginalisés et encourager la participation de tous les individus aux décisions ayant un impact direct sur eux.

« Les mouvements populaires qui ont récemment vu le jour dans plusieurs régions du monde mettent en évidence la nécessité d'encourager la participation directe aux processus de décisions nationales et internationales », a indiqué M. de Zayas.

« Il est également nécessaire de réformer le système des Nations Unies, le Conseil de sécurité, les institutions issues de Bretton Woods et l'Organisation mondiale du commerce afin d'ouvrir la voie à un nouvel ordre international plus démocratique et équitable », a-t-il ajouté, préconisant également la création d'une Cour mondiale des droits de l'homme et d'une Assemblée parlementaire mondiale.

« Un ordre international plus démocratique et plus équitable n'est pas une utopie. C'est possible si les gouvernements et la société civile œuvrent ensemble à réaliser les objectifs et principes de la Charte des Nations Unies pour nous et les générations futures », a affirmé M. de Zayas.


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