Des fonds sont désespérément nécessaires pour permettre aux enfants syriens de reprendre le chemin de l'école - UNICEF

Une fillette hébergée dans le camp de réfugiés de Zaatari, en Jordanie, pays qui accueille plus d’un million d’enfants syriens. Photo: HCR/O. Laban-Mattei

6 septembre 2013 – Depuis la dernière année scolaire, près de deux millions d'enfants syriens ont abandonné l'école, soit près de 40% de tous les élèves inscrits dans les classes de la 1ère à la 9ème année, a annoncé vendredi le Fonds des Nations Unies pour l'enfance. Un million d'entre eux sont aujourd'hui réfugiés dans les pays voisins et les aider à retourner à l'école s'avère difficile.

« Pour un pays qui était sur le point de réaliser l'objectif de l'éducation primaire universelle avant le début du conflit, ces chiffres sont ahurissants », a noté Maria Calivis, Directrice régionale de l'UNICEF pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, lors d'un point de presse à Genève.

« Les déplacements, la violence, la peur et l'instabilité privent des centaines de milliers d'enfants de la joie d'apprendre. Les parents nous disent qu'ils souhaitent désespérément que leurs enfants poursuivent leurs études. »

Alors que les écoles doivent rouvrir en Syrie et dans les pays voisins au cours des prochaines semaines, ramener les enfants en classe constitue un défi monumental.

Au Liban, le Gouvernement estime qu'il y aura près de 550.000 enfants syriens d'âge scolaire dans le pays d'ici la fin de cette année, outre les quelque 300.000 enfants libanais déjà dans le système scolaire public. En 2013, seulement 15% des enfants réfugiés syriens étudiaient dans les systèmes d'éducation formels ou informels.

En Jordanie, près des deux tiers des enfants syriens ne sont pas scolarisés. Sur les 30.000 qui vivent dans le camp de réfugiés de Za'atari, 12.000 à peine sont inscrits.

En Iraq, neuf enfants réfugiés sur dix vivant dans des communautés d'accueil ne sont pas scolarisés. Au cours des trois dernières semaines, plus de 50.000 autres sont arrivés au Kurdistan. La moitié d'entre eux sont des enfants qui auront besoin d'aide pour continuer à apprendre.

Les enfants se heurtent à d'énormes obstacles pour aller à l'école : recrudescence de la violence à l'intérieur de la Syrie, problèmes linguistiques, difficultés d'accès, insécurité, pauvreté et tensions diverses.

Face à tous ces défis et à ces besoins croissants, l'UNICEF redouble d'efforts pour aider les enfants à recommencer à apprendre en continu et en toute sécurité.

En Syrie, cela comprend un programme d'auto-apprentissage à domicile dans les zones de conflit. Au Liban, des écoles ont été ouvertes dans des autobus destinés à toucher à la fois les enfants libanais et les enfants syriens réfugiés.

En Jordanie, les imams et les dirigeants des communautés contribuent à favoriser le retour à l'apprentissage. Des salles de classe supplémentaires sont ouvertes pour élargir l'accès à l'apprentissage, tandis que de nouveaux enseignants sont recrutés et que des fournitures et du mobilier scolaires sont distribués.

Enfin, en Iraq, on dresse aussi vite que possible des tentes qui serviront de salles de classe pour répondre aux besoins des enfants issus de la plus récente vague de réfugiés.

Un soutien financier beaucoup plus important est nécessaire pour offrir à davantage d'enfants syriens un accès à l'éducation. Dans le cadre de l'appel d'un montant de 470 millions de dollars lancé par l'UNICEF pour financer son intervention en Syrie, 161 millions ont été demandés pour l'éducation. Mais ce secteur reste le moins bien financé de tous, avec seulement 51 millions de dollars reçus à ce jour.


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