Guinée-Bissau : la transition suit son cours, affirme le Représentant spécial au Conseil de sécurité

Jose Ramos Horta, le Représentant spécial du Secrétaire général et chef du Bureau intégré des Nations Unies en Guinée-Bissau (BINUGBIS). Photo: ONU/JC McIlwaine

5 septembre 2013 – En dépit du retard que pourrait prendre les élections prévues en novembre, la Guinée-Bissau enregistre des progrès sur le plan politique et la situation sécuritaire est calme, a déclaré jeudi un haut fonctionnaire de l'ONU aux membres du Conseil de sécurité.

S'adressant à la presse à l'issue de consultations à huis clos avec les 15 membres du Conseil, le Représentant spécial du Secrétaire général pour ce pays, Jose Ramos Horta, a déclaré que « la situation reste calme et [que] nous poursuivons les efforts pour [y ] assurer le retour à l'ordre constitutionnel ».

M. Horta attribue la stabilisation du pays à la coopération étroite entre les autorités nationales et les principales organisations internationales et régionales concernées –Union africaine (UA), Communauté économique des États d'Afrique occidentale (CEDEAO), Communauté des pays lusophones (CPSP) et ONU.

Responsable de plusieurs coups d'Etat et à l'origine d'une instabilité chronique depuis l'indépendance obtenue en 1974 par cette nation d'Afrique de l'Ouest jusqu'alors sous tutelle portugaise, l'armée bissau-guinéenne a pris le pouvoir en avril 2012. L'ordre constitutionnel n'a toujours pas été rétabli dans le pays, où un gouvernement de transition est en place jusqu'aux prochaines élections.

Des élections générales et présidentielles sont prévues plus tard cette année. En raison de problèmes logistiques et de financement, ce scrutin pourrait être retardé, a déclaré le Représentant spécial aux journalistes.

« Il est préférable que les élections se tiennent le 24 novembre, mais si elles doivent être reportées, elles le seront pour une très courte période », a précisé M. Horta, qui est aussi le Chef de la mission politique de l'ONU en Guinée-Bissau (BINUGBIS).

Autant un report relativement limité dans le temps ne créerait pas de nouveaux défis, autant un retard plus important pourrait « déstabiliser la situation politique et compromettre les efforts déployés jusqu'à présent », a cependant mis en garde M. Horta.

Répondant à une question sur le trafic de stupéfiants qui sévit dans le pays, M. Horta a déclaré que le Président de transition, Serifo Nhamadjo, avait annoncé son intention d'adresser une lettre au Secrétaire général Ban Ki-moon pour demander de déploiement d'une commission internationale d'enquête à ce sujet et plus généralement sur le phénomène de la criminalité organisée en Guinée-Bissau.

Le Président compte également solliciter une enquête sur les crimes graves du passé, a déclaré M. Horta, qui a qualifié ces annonces de « courageuses ».

En juillet dernier, le Sous-Secrétaire général aux droits de l'homme, Ivan Šimonović, avait exhorté le gouvernement de la Guinée -Bissau à prendre des mesures plus significatives pour combattre l'impunité, qui a prospéré après le coup d'État.

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