Armes chimiques en Syrie : parallèlement à l'enquête, Ban prie le Conseil de sécurité de réfléchir à une réponse

Le Secrétaire général Ban Ki-moon s’adresse à la presse sur la Syrie. Photo: ONU/Evan Schneider

3 septembre 2013 – Tandis que les experts de l'ONU travaillent « sans relâche » pour accélérer l'analyse des échantillons prélevés en Syrie, le Secrétaire général Ban Ki-moon a lancé mardi un appel à l'unité aux membres du Conseil de sécurité, qu'il a priés de réfléchir à une réponse appropriée en cas de vérification des allégations d'utilisation d'armes chimiques.

S'adressant à la presse peu avant son départ pour Saint-Pétersbourg, où il participera au Sommet du G20, le patron de l'ONU a estimé que la question dépasse le cadre du conflit syrien, évoquant une responsabilité collective envers l'humanité.

« Je prends note de l'argument en faveur d'une action pour prévenir de nouvelles attaques à l'arme chimique », a indiqué le chef de l'ONU. « En même temps, nous devons prendre en considération l'impact que pourrait avoir toute mesure punitive sur les efforts en cours pour empêcher de nouvelles effusions de sang et faciliter la résolution politique du conflit. »

Le Secrétaire général a plaidé pour que toute décision soit prise dans le cadre prévu par la Charte des Nations Unies.

L'usage de la force, a-t-il rappelé, est seulement légal en situation de légitime défense, conformément à l'article 51 de la Charte et après approbation du Conseil de sécurité.

M. Ban a appelé tous les acteurs concernés, que ce soit au niveau international ou au niveau national, à convoquer « dès que possible » la Conférence de Genève – avec notamment la participation des États-Unis, de la Fédération de Russie et de l'ONU.

Au cours du sommet du G20, il abordera ces questions avec les dirigeants de ces pays, a-t-il assuré aux journalistes.

Les échantillons biomédicaux et environnementaux prélevés par l'équipe d'experts de l'ONU sur le site présumé d'une attaque en date du 21 août devraient parvenir aux laboratoires d'analyse d'ici demain.

Selon M. Ban, l'équipe, dirigée par le scientifique Åke Sellström, a travaillé « sans relâche » depuis son retour samedi de Syrie pour préparer les matériaux collectés par ses membres.

« Depuis les attaques horribles perpétrées il y a deux semaines à Ghouta, en banlieue de Damas, la Mission travaille dans l'urgence pour établir les faits sur la nature et la portée d'une éventuelle utilisation d'armes chimiques », a-t-il expliqué, soulignant que le succès de la mission était dans l'intérêt de tous, alors qu'elle est chargée d'enquêter sur ce qui pourrait être le premier cas d'emploi d'armes de destruction massive au 21e siècle.

Il a souhaité que l'équipe de l'ONU se voir offrir toutes les opportunités possibles de s'acquitter de son mandat, notant qu'elle « est dans une position unique pour établir de manière objective et impartiale les faits et conduire ses travaux dans le respect le plus strict des normes internationales pertinentes ».

Une fois les analyses des échantillons terminées, un rapport sera remis à M. Ban, qui communiquera les résultats aux 193 États Membres des Nations Unies et aux 15 membres du Conseil de sécurité.

Parallèlement, la Haute Représentante des Nations Unies pour les affaires de désarmement, Angela Kane, informera les États membres qui avaient saisi M. Ban pour lui demander d'ouvrir une enquête sur l'incident de Ghouta.

« Le mandat de cette équipe est de déterminer si des armes chimiques ont été utilisées ou non. Il ne s'agit pas d'établir qui les a utilisées contre qui. Nous n'avons pas ce type de mandat à ce moment précis », a indiqué M. Ban.

« C'est la décision des Nations Unies et ma décision », a-t-il déclaré en réponse à un journaliste qui lui demandait comment le mandat avait été élaboré.

Au cours de sa conférence de presse, M. Ban a réitéré que le recours à des armes chimiques, quels qu'en soient les acteurs ou les circonstances, serait considéré comme une violation du droit international et un crime de guerre odieux.

« Tous les auteurs devront être poursuivis en justice. Il ne devrait pas y avoir d'impunité », a-t-il insisté.


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