Haïti : l'ONU préoccupée par les conséquences du retard pris par l'organisation des élections

La Représentante spéciale du Secrétaire général pour Haïti, Sandra Honoré. Photo: ONU

28 août 2013 – La Représentante spéciale du Secrétaire général pour Haïti, Sandra Honoré, a affirmé mercredi qu'en dépit d'une situation sécuritaire relativement calme dans ce pays, des manifestations marquées par des slogans antigouvernementaux se multiplient, reflétant le mécontentement social et économique, s'agissant en particulier de l'impasse du processus électoral.

Devant le Conseil de sécurité, où elle s'est rendue pour la première fois depuis sa nomination à la tête de la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH), Mme Honoré a salué la présentation au Parlement, par le Président Michel Martelly, du projet de loi électorale. Elle a prévenu que si les dispositions de la loi électorale de 2009 venaient à être appliquées, et que si les élections sénatoriales ne se déroulent pas d'ici à janvier 2014, le Sénat, et par conséquent tout le Parlement, risquaient d'être inopérants.

« Dans ce cas, on ne peut exclure une possible mobilisation des forces de l'opposition et de la société civile qui pourrait déstabiliser la situation politique et sécuritaire en Haïti », a averti la Représentante spéciale.

Dans un climat de polarisation marqué, entre autres, par la mort d'un juge et le lancement d'une série de mandats d'arrêt contre des individus liés à l'enquête sur les actes de corruption reprochés au Premier Ministre et à d'autres responsables gouvernementaux, Mme Honoré n'a de cesse, a-t-elle dit, d'encourager le dialogue et d'approcher le corps diplomatique présent en Haïti pour qu'il déploie tous les efforts possibles afin de garantir la continuité des institutions du pays, en particulier celle du Parlement, au-delà de janvier 2014.

« La MINUSTAH a poursuivi ses efforts de bons offices sur la promotion du dialogue entre les différentes parties prenantes pour surmonter l'impasse dans laquelle se trouve le processus électoral, a souligné Mme Honoré.

« Les relations tendues entre pouvoirs exécutif et législatif ont empêché l'adoption d'un agenda législatif consensuel. Cette situation a aussi empêché les progrès dans des réformes cruciales, comme les lois sur le blanchiment d'argent et le financement des partis politiques, ou encore la révision du Code pénal et du Code de procédure pénale », a-t-elle insisté.

Avec l'appui de la MINUSTAH, les performances de la Police nationale se sont nettement améliorées, a indiqué la Représentante spéciale, en prévenant que le renforcement de cette Police demeure un critère essentiel de la stabilisation, d'autant plus que la Mission a commencé la consolidation de sa présence.

Celle-ci poursuit, selon la Représentante spéciale, son travail afin de convaincre ses interlocuteurs nationaux de la nécessité d'un consensus politique minimal pour la tenue des élections le plus tôt possible, ainsi que d'un accord portant sur la continuité des institutions.


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