États-Unis : un expert de l'ONU dénonce l'isolement prolongé des prisonniers en Californie

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, Juan E. Méndez. ONU Photo/Jean-Marc Ferré

23 août 2013 – Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Juan E. Méndez, a exhorté vendredi le gouvernement des États-Unis à abolir la pratique de l'isolement prolongé ou indéterminée dans les prisons de Californie. Actuellement près de 80.000 prisonniers aux États-Unis sont enfermés en isolement, et parmi eux, près de 12.000 dans l'état de Californie.

« Même si l'isolement est appliqué pour de courtes périodes, il provoque souvent des souffrances mentales et physiques, qui peuvent constituer un traitement cruel, inhumain ou dégradant, et dans certains cas particulièrement graves, l'isolement peut même être considérer comme de la torture », a souligné M. Méndez en soulignant que près de 200 détenus californiens abordent leur cinquième semaine consécutive de grève de la faim pour protester contre les mauvaises conditions de détention.

« J'exhorte le gouvernement américain à adopter des mesures concrètes pour mettre fin au recours à l'isolement prolongé ou indéterminée, y compris une interdiction totale de l'isolement pour les mineurs, les personnes handicapées, les femmes enceintes, les mères allaitantes ainsi que ceux qui purgent une peine à perpétuité et les détenus dans le couloir de la mort », a-t-il ajouté.

L'expert indépendant de l'ONU a demandé aux autorités d'assurer que l'isolement n'est imposée que dans des circonstances très exceptionnelles, comme un dernier recours, pour une durée aussi courte que possible et avec les garanties appropriées. L'application de cette sanction doit faire l'objet d'un examen indépendant, et les détenus doivent faire l'objet d'un suivi médical étroit.

Depuis le 8 Juillet 2013, des milliers de prisonniers détenus dans neuf prisons de l'état de Californie observent une grève de la faim pour protester pacifiquement contre les conditions de détention cruelles, inhumaines et dégradantes. Les détenus réclament la fin de l'usage excessif de l'isolement en tant que mesure disciplinaire.

Dans la prison de sécurité maximale californienne de Pelican Bay plus de 400 prisonniers ont été détenus en isolement depuis plus de dix ans, et la durée moyenne de l'isolement est de sept ans et demi.

Souvent, les détenus sont enfermés dans de petites cellules mal aérées et dépourvues de lumière naturelle. Les prisonniers passent 22 à 23 heures par jour dans leurs cellules, et ils sont autorisés à sortir dans une cour pendant une heure seulement et même là ils n'ont pas toujours l'occasion de rencontrer d'autres détenus.

Dans le contexte de représailles signalés contre des détenus en grève de la faim et de l'approbation par un juge de la demande des autorités de recourir à l'alimentation forcée des prisonniers, le Rapporteur spécial a rappelé aux autorités qu'il est « inacceptable d'utiliser des menaces d'alimentation forcée ou d'autres types de contraintes physiques ou morales à l'égard des personnes qui ont opté pour le choix extrême d'une grève de la faim ».


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