L'UNESCO appelle à plus d'éducation dans le domaine de l'histoire de l'esclavage et de la traire négrière

Des chaînes utilisées pour attacher les esclaves, figurant dans une exposition organisée pour la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition. ONU Photo/Mark Garten

23 août 2013 – À l'occasion de la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition, la Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, a rappelé l'importance de l'éducation de ce chapitre noir de l'histoire.

« Le 23 août, date anniversaire de l'insurrection des esclaves de Saint Domingue, l'UNESCO célèbre la journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition », a déclaré Mme Bokova dans son message pour la journée. « La transmission de cette histoire est au centre des efforts de l'UNESCO pour la construction de la paix, le dialogue interculturel et la compréhension mutuelle ».

La traite négrière a ravalé des millions d'êtres humains au rang de marchandise, un crime qui a une portée universelle et qui ébranle les fondements mêmes de la civilisation. La signification et les implications de cette histoire doivent être connues de tous, enseignées à l'école et au-delà, dans les médias et l'espace public.

« L'UNESCO s'y engage, par la formation des enseignants, le soutien à la recherche, la sauvegarde du patrimoine culturel ou documentaire », a affirmé Mme Bokova.

A travers le projet « La route de l'esclave », l'UNESCO veut montrer l'ampleur et les séquelles de la tragédie humaine et aussi la richesse des traditions culturelles que les peuples africains ont forgées dans l'adversité, dans les arts, la musique, la danse et la culture au sens large.

« Cette année, à l'aube du 20ème anniversaire du projet, j'ai nommé le célèbre musicien de jazz Marcus Miller Artiste de l'UNESCO pour la paix, dont la mission sera de promouvoir ce projet et de porter son message de respect à travers la musique. Ce travail contribue ainsi aux efforts de la Décennie des personnes d'ascendance africaine, proclamée par les Nations Unies en 2012 », a expliqué la Directrice générale.

La traite négrière n'appartient pas qu'au passé, selon la chef de l'UNESCO. Elle est notre histoire et a façonné le visage de nombreuses sociétés modernes, créant des liens indissolubles entre les peuples et les continents, transformant de manière irréversible le destin des nations, de leur économie, de leur culture.

« Étudier cette histoire, c'est aussi rendre hommage aux combattants de la liberté et à leur contribution irremplaçable à l'affirmation des droits humains universels. Leur exemple doit nous aider à continuer la lutte pour la liberté, contre les préjugés raciaux hérités du passé, contre les formes nouvelles d'esclavage qui persistent encore aujourd'hui et dont environ 21 millions de personnes sont encore victimes », a rappelé Mme Bokova.

« En ce jour, j'invite tous les gouvernements, les organisations de la société civile, les partenaires publics et privés à redoubler d'efforts pour transmettre cette histoire. Puisse-t-elle être une source de respect et un appel universel à la liberté pour les générations futures », a-t-elle indiqué.


News Tracker: autres dépêches sur la question

L'OIT lance une initiative contre l'esclavage moderne des femmes entre Asie du Sud et Moyen-Orient

En savoir plus