Myanmar : un expert de l'ONU demande au gouvernement de freiner la propagation de la haine religieuse

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Myanmar, Tomás Ojea Quintana. Photo ONU/Pierre-Michel Virot

22 août 2013 – Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme au Myanmar, Tomás Ojea Quintana, a affirmé jeudi que le Myanmar apporte des changements positifs à la situation des droits de l'homme, mais l'absence d'une véritable réconciliation entre les différents groupes ethniques et la propagation de l'incitation à la haine contre des groupes religieux minoritaires, reste un défi crucial que le pays doit surmonter.

Le Rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits de l'homme au Myanmar, affirme que le gouvernement doit faire davantage pour s'acquitter de ses obligations en endiguant la propagation de l'incitation à la haine religieuse à travers de forts messages publics, l'établissement de la primauté du droit, et en conformité avec les normes internationales relatives aux droits humains.

S'exprimant à l'issue de sa 8ème mission au Myanmar, M. Quintana a exprimé sa préoccupation face à la poursuite de la séparation et la ségrégation des communautés dans l'État de Rakhine, ajoutant que cela devenait de plus en plus permanent et ayant un impact négatif sur la communauté musulmane.

La visite du Rapporteur spécial à Meiktila où la violence visant la communauté musulmane a entraîné plus de 10.000 personnes déplacées et 43 morts en mars dernier, a été ajournée peu après que son entourage a été malmené par des manifestants.

« Près 200 personnes se sont ruées vers ma voiture. Ils ont donné des coups de poing et des coups de pied aux fenêtres et aux portes en criant des insultes. La police était à proximité, mais elle n'intervenait pas et arrêtait personne », a indiqué M. Quinatana.

« L'incident qui a eu lieu à Meiktila est très grave, et j'en ai déjà discuté avec le gouvernement et j'espère que dans un proche avenir, cela ne se reproduira plus. Le Myanmar a connu des décennies de conflits armés. Le défi du gouvernement est de commencer à prendre des mesures au niveau local pour que ce processus soit inclusif et pour assurer la participation des minorités ethniques et des femmes », a-t-il ajouté.

L'expert indépendant de l'ONU a également affirmé qu'il y a toujours au Myanmar des prisonniers politiques. Il a exhorté le gouvernement à concrétiser son engagement de libérer l'ensemble des prisonniers politiques sans condition d'ici la fin de l'année.


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