Conseil de sécurité : de hauts responsables de l'ONU appellent les quinze à renforcer la protection des civils

Le Conseil de sécurité. Photo : ONU

19 août 2013 – Lors d'une réunion lundi au Conseil de sécurité, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a rappelé la nécessité de redoubler d'efforts pour protéger les civils dans les conflits armés, et d'assurer que les responsables de crimes de guerre soient traduits en justice.

« Chaque jour, les travailleurs humanitaires protègent, nourrissent, logent, éduquent, soignent et aident des millions de personnes, indépendamment de qui ils sont et d'où ils se trouvent », a déclaré M. Ban, en ouvrant le débat du Conseil sur la protection des civils dans les conflits armés. « Il est scandaleux que nos collègues et partenaires soient attaqués en tentant de fournir ces services essentiels ».

Le débat a été organisé pour marquer la Journée mondiale de l'aide humanitaire qui est un hommage à ceux qui ont perdu leur vie au service humanitaire et ceux qui continuent à porter assistance et secours à des millions de personnes, en plus d'attirer l'attention sur les besoins humanitaires à travers le monde et de souligner l'importance de la coopération internationale afin de répondre à ces besoins.

Cette année, la Journée coïncide avec le 10ème anniversaire de l'attentat terroriste du 19 août 2003 contre l'Hôtel Canal à Bagdad, qui abritait le siège de l'ONU en Iraq. L'attentat a tué 22 personnes, y compris le Représentant spécial des Nations Unies pour l'Iraq, Sergio Vieira de Mello.

« À l'occasion de ce tragique anniversaire, j'appelle à nouveau à un plus grand respect et à une meilleure protection des travailleurs humanitaires et des biens partout dans le monde », a déclaré M. Ban, ajoutant que même si les faits nous rappellent tous les jours qu'il y a des conflits, la violence et le terrorisme, « nous ne pouvons pas devenir insensibles à ces brutalités croissantes ».

Le Secrétaire général s'est dit particulièrement préoccupé par l'utilisation des armes explosives, dont les bombes en bordure des routes, des frappes aériennes et lors des tirs d'artillerie dans des zones peuplées, qui peuvent tuer et mutiler, et ont des conséquences humanitaires profondes.

« Nous avons besoin de mieux comprendre les types d'armes explosives qui sont les plus problématiques. Nous devons examiner comment le droit international existant peut aider à réguler leur utilisation. Et nous devons examiner les mesures concrètes qui peuvent être prises pour réduire l'impact humanitaire des armes explosives dans les zones peuplées», a-t-il déclaré.

M. Ban a également noté la situation humanitaire précaire qui prévaut en Syrie, en République centrafricaine (RCA), en République démocratique du Congo (RDC) et au Mali, en soulignant que la communauté internationale doit intensifier son aide dans ces pays.

Lors de son intervention par vidéoconférence, la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a fait écho à l'appel du Secrétaire général visant à redoubler d'efforts. Elle a souligné l'importance de la lutte contre l'impunité.

« L'accès humanitaire et l'obligation d'assurer les responsabilités pour les violations des droits de l'homme et du droit humanitaire international ne sont pas seulement des impératifs moraux, mais aussi des exigences légales », a déclaré Mme Pillay.

La Haut Commissaire a ajouté que l'impunité sape le tissu des sociétés et porte préjudice à toute solution durable à l'instabilité. Elle a souligné que les pays doivent adopter les mesures nécessaires pour aborder cette question en conformité avec les normes internationales.

En outre, Navi Pillay a exprimé son inquiétude sur les implications des droits de l'homme pour la protection des civils du recours à des frappes de drones armés effectuées dans le cadre de la lutte contre le terrorisme notamment dans la bande de Gaza, au Pakistan et au Yémen. L'actuel manque de transparence entourant leur utilisation crée un « vide de responsabilité » et affecte la capacité des victimes à demander réparation, a-t-elle dit, en exhortant tous les États concernés « à clarifier les bases juridiques de ces frappes ainsi que les garanties en place pour assurer leur conformité avec le droit international applicable ».

Dans ses remarques lors du débat, par vidéoconférence à partir de Rio de Janeiro, au Brésil, la Coordonnatrice des secours d'urgence de l'ONU, Valerie Amos, a exprimé sa préoccupation concernant la situation en Syrie, où l'insécurité, conjuguée à des contraintes bureaucratiques et autres limitations, continue à empêcher l'aide d'atteindre tous ceux qui en ont besoin.

« Je suis extrêmement préoccupée par l'absence de protection des civils, en violation flagrante des règles les plus élémentaires du droit international humanitaire et des droits de l'homme », a-t-elle déclaré.

Bien que la responsabilité principale pour juger les violations des droits humains et garantir la responsabilité incombe aux autorités nationales, Valerie Amos a déclaré que l'ONU et ses États membres jouent un rôle important en fournissant un appui financier et technique pour mener des enquêtes et des poursuites.

« Les mécanismes nationaux pour assurer la responsabilité peuvent également être complétés par l'utilisation plus régulière et systématique des commissions d'enquête et des missions d'enquête par le Conseil de sécurité », a-t-elle déclaré.

« Comme nous l'avons vu dans l'évolution des situations nécessitant une intervention humanitaire dans le monde, il est clair que la notion de déni arbitraire de consentement pour les opérations humanitaires requiert une plus large évolution politique et une plus grande attention politique, y compris de la part de ce Conseil », a conclu Mme Amos.


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