Le Comité de lutte contre le racisme de l'ONU se mobilise contre la cyber-haine

La Haut Commissaire adjointe aux droits de l’homme, Flavia Pansieri. Photo: Jean-Marc Ferré.

12 août 2013 – La Haut Commissaire adjointe aux droits de l'homme, Flavia Pansieri, a déclaré lundi que la lutte contre les discours de haine raciale sur Internet et les réseaux sociaux et le renforcement de l'éducation comme rempart à la xénophobie et au racisme seraient les thèmes principaux de la nouvelle session du Comité pour l'élimination de la discrimination raciale.

« Garantir le droit à la liberté d'expression d'une part, tout en protégeant chacun contre les discours de haine raciale de l'autre, requiert une analyse contextuelle spécifique. Les lois ne sauraient répondre à elles seules aux causes profondes des discours haineux », a estimé Mme Pansieri.

« Il est devenu beaucoup plus aisé de répandre des messages de haine au-delà des frontières nationales par le biais d'Internet et des réseaux sociaux », a-t-elle rappelé, en exprimant l'espoir que le Plan d'action de Rabat sur l'interdiction de la haine nationale, raciale ou religieuse, adopté au mois d'octobre dernier, serait utile pour les délibérations des membres du Comité.

La Haut Commissaire adjointe a souligné que la présente session se tenait dans le contexte de deux événements majeurs dans l'histoire des droits de l'homme et de la lutte contre la discrimination raciale en particulier: la commémoration, le 18 juillet dernier, de la Journée internationale Nelson Mandela, alors que l'ancien Président sud-africain fêtait ses 95 ans cette année; et le cinquantième anniversaire, le 28 août prochain, de la Marche de Washington de 1963, pendant laquelle 250.000 personnes s'étaient rassemblées pour revendiquer les droits civils et économiques pour les Afro-Américains.

« Cinquante ans après ce discours, cette vision reste un rêve pour beaucoup de gens à travers le monde et c'est pour cela, pour continuer à protéger ceux dont les droits fondamentaux continuent d'être bafoués en raison de leur race, de leur couleur, de leur ascendance ou de leur origine nationale ou ethnique, que les membres du Comité sont réunis aujourd'hui », a affirmé la numéro 2 du HCDH.

Lors de sa précédente session en juin, le Conseil des droits de l'homme avait adopté une résolution exhortant les États à prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et autres formes d'intolérance, notamment par le renforcement de l'éducation.

S'agissant des attaques contre les albinos en Tanzanie et ailleurs dans le monde, Mme Pansieri a réitéré l'appel de la Haut Commissaire Navi Pillay pour qu'il soit mis fin à ces crimes et pour œuvrer avec les autorités nationales à lutter contre la superstition selon laquelle les albinos se dotés de pouvoirs magiques.

Le 4 mai dernier, plusieurs rapporteurs spéciaux avaient dénoncé les actes barbares commis contre les albinos, démembrés alors qu'ils étaient toujours vivants pour renforcer l'efficacité supposée des potions préparés par des sorciers.

« Étant donné que les droits fondamentaux des albinos sont violés suite à des croyances fausses et préjudiciables en raison de la couleur de leur peau, peut-être est-ce une question sur laquelle les membres du Comité pourraient se pencher lorsqu'ils examineront les situations spécifiques des pays », a suggéré la Haut Commissaire adjointe.


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