Grands Lacs : « Je n'ai aucun autre agenda personnel que celui d'aider la RDC à retrouver la paix », affirme Mary Robinson

L’Envoyée spéciale du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, Mary Robinson, à Goma, en RDC, le 30 avril 2013. Photo: MONUSCO/Sylvain Liechti

9 août 2013 – L'Envoyée spéciale du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs a affirmé vendredi ne pas avoir d'autre objectif que d'aider la République démocratique du Congo (RDC) et les pays voisins de la région à retrouver la paix.

Au micro de Radio Okapi, qui fait partie de la Mission de maintien de la paix de l'ONU en RDC (MONUSCO), Mary Robinson a jugé important de lever toute ambiguïté quant à sa position : « En tant qu'Envoyée spéciale, je n'ai aucun autre agenda personnel que celui d'aider ce pays […] à retrouver la paix pour que les populations et le pays puissent aller de l'avant. »

Mme Robinson affirme qu'elle soutient pleinement la résolution 2098 qui a été adoptée, le 28 mars dernier, à l'unanimité des 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU.

« C'est une résolution très claire, qui offre une vision et une approche holistique et globale de promotion de la paix et de la stabilité en RDC. À mon avis, elle ne laisse place à aucune ambiguïté », a précisé l'ex-Présidente de l'Irlande.

Selon elle, le texte ouvre la voie à un processus politique global, dont le déploiement de cette brigade au sein de la MONUSCO fait partie intégrante.

«Ce sont deux piliers qui vont ensemble ; l'un n'exclut pas l'autre, bien au contraire », a estimé Mme Robinson, alors que certains médias l'accusent de vouloir donner la priorité aux négociations politiques avec le M23 au détriment du désarmement forcé des rebelles.

Tout en prorogeant d'un an le mandat de la Mission, la résolution l'avait dotée résolution d'une brigade d'intervention chargée de neutraliser les groupes armés sévissant dans l'est de la RDC et au-delà de ses frontières.

Outre le M23, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), les Forces démocratiques alliées, l'Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain (APCLS), l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) et les maï-maï sont accusés de graves atteintes aux droits de l'homme, en particulier davoir commis des exécutions sommaires, des violences sexuelles et recruté à grande échelle des enfants-soldats.

La résolution 2098 prévoit également la mise en œuvre de réformes-clés pour consolider la paix dans en RDC, en particulier dans le domaine de la réforme du secteur de sécurité et du rétablissement de l'état de droit sur l'ensemble de son territoire.

En cours de déploiement, la brigade prend des mesures de manière progressive, en coopération avec les autorités congolaises, pour aider à faire face à la situation sur le terrain, a expliqué Mary Robinson. « Tout naturellement, cela prend du temps.»

Résolus à s'attaquer aux causes profondes de la violence dans l'est congolais, les gouvernements de la RDC et de 10 pays de la région, ainsi que quatre institutions régionales et internationales (11 +4), avaient adopté en février 2013 un Accord-cadre de paix, de sécurité et de coopération pour la RDC et la région des Grands Lacs, dont Mary Robinson est chargée de surveiller la mise en œuvre.

«Vous savez, je suis originaire d'un pays, l'Irlande, qui a connu un conflit violent pendant longtemps. C'est fort de cette expérience personnelle que je travaille avec énergie et en partenariat avec le gouvernement congolais, la société civile, ainsi que les autres pays signataires de l'Accord-cadre », a assuré l'Envoyée spéciale.

« Je suis personnellement prête à envisager toutes les voies possibles et acceptables pouvant mener à une solution durable de la crise. »


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