Seul un processus politique crédible permettra de mettre fin à la crise en RDC, rappelle Ban

Des villageois fuient Sake, dans la province congolaise du Nord-Kivu, arpès des affrontements entre les FARDC et des rebelles armés. Photo: ONU/Sylvain Liechti

31 juillet 2013 – Seul un processus politique crédible permettra de mettre fin à la crise en République démocratique du Congo (RDC) et de s'attaquer aux causes profondes de la violence récurrente que connaît la région des Grands Lacs, a indiqué mercredi le Secrétaire général, Ban Ki-moon, dans son message au Sommet international de haut niveau sur cette région qui se tient à Nairobi, au Kenya.

Dans ce message lu par Mary Robinson, son Envoyée spécial pour la région, M. Ban a déclaré que le Sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) représentait une «opportunité importante» de s'appuyer sur la dynamique générée lors de l'adoption d'un accord de paix, surnommé «le cadre de l'espoir. »

Les 11 pays africains, qui ont signé il y a six mois cet Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région des Grands Lacs, devraient participer à ce sommet de deux jours, qui se déroule au siège des Nations Unies à Nairobi.

«J'exhorte à nouveau tous les signataires de l'Accord-cadre à respecter, à titre individuel et collectif, leurs engagements, y compris en ne tolérant et n'en apportant aucune assistance aux groupes armés», déclare le chef de l'ONU dans son message.

M. Ban a ensuite mentionné les nombreux défis qui demeurent, exprimant sa «grave préoccupation» devant les informations persistantes faisant état de meurtres, de recrutements forcés et de détentions illégales de civils, dont des enfants, par le Mouvement du 23 Mars (M23) et d'autres groupes armés. « Ces activités constituent des violations graves des droits humains et doivent cesser immédiatement», a-t-il rappelé.

« Tous les actes qui entravent ou ciblent les efforts déployés par l'ONU sur le terrain pour protéger les civils et fournir une aide humanitaire urgente ne seront pas tolérés», a souligné M. Ban.

Depuis la signature de l'Accord-cadre, Mme Robinson a œuvré avec la société civile et un comité technique composé de participants régionaux, de membres de la mission de maintien de la paix des Nations Unies dans le pays (MONUSCO) et de partenaires des Nations Unies pour établir des indicateurs «spécifiques, mesurables, réalisables et pertinents » pour évaluer les progrès dans l'avancement de ce cadre.

L'Envoyée spécial doit présenter ces indicateurs lors de ce Sommet, lesquels devraient être adoptés à la prochaine réunion du mécanisme de contrôle dudit Accord-cadre, en marge du débat général de l'Assemblée générale de l'ONU à New York en septembre.

Dans son message, M. Ban encourage également toutes les parties à conclure « dès que possible » les pourparlers dits de Kampala entre le Gouvernement de la RDC et les rebelles du M23, qui se tiennent sous les auspices du Président de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, le Président ougandais Yoweri Museveni.

Depuis la mi-mai, cette région a connu des attaques répétées menées par le M23 contre les positions des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), dans une tentative apparente de progresser sur Goma et Saké. Lors de ces attaques, dont la toute dernière a commencé le 14 juillet dernier, le M23 a tiré indistinctement, y compris à partir d'armes lourdes, faisant des victimes parmi les civils.

Compte tenu du risque élevé que ces attaques font peser sur la population civile de la région de Goma et Saké, la MONUSCO a indiqué hier qu'à compter du mardi 30 juillet à 16 heures (heure de Goma) un délai de 48 heures serait accordé à toute personne dans la région ne faisant pas partie des forces de sécurité nationales pour rendre son arme dans une base de la MONUSCO.

Dépassé jeudi 1er août à 16 heures, lesdites personnes seront considérées comme une menace imminente de violence physique à la population civile et la MONUSCO prendra toutes les mesures nécessaires, y compris l'usage de la force, pour les désarmer, dans le respect de son mandat, indique la Mission.


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