La Mission de l'ONU en RDC dénonce les abus sérieux perpétrés par le M23

Déplacées par des combats, ces Congolaises patientent pour obtenir des bons d’achats alimentaires dans le village de Minova, situé dans l’est de la RDC. Photo: PAM/Martin Penner

27 juillet 2013 – La Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a indiqué samedi qu'elle était gravement alarmée par les récentes allégations de meurtre, de recrutement forcé et de détention illégale de civils par le Mouvement du 23 mars (M23).

La MONUSCO a été informée du recrutement forcé de dix individus par des combattants du M23, le 22 juillet 2013 à Kibumba, dans le territoire de Nyiragongo, province du Nord-Kivu. Trois d'entre eux auraient été tués par ces combattants au cours de leur tentative de fuite.

 

La MONUSCO a également reçu des allégations crédibles de pillage d'une vingtaine de maisons par des éléments du M23 à Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru, province du Nord-Kivu, le 24 juillet 2013. Depuis ces pillages, des éléments du M23 auraient procédé à l'enlèvement d'au moins une quarantaine d'hommes accusés d'avoir participé à ces exactions à Kiwanja, et d'avoir brûlé des paillottes et des points de paiement utilisés par les combattants du M23.

Et, depuis la reprise des hostilités à la mi-juillet, avec les FARDC, le M23 a empêché l'accès humanitaire de certaines villes et zones dévastées par les combats, notamment Mutaho. Cette prise de position du groupe rebelle intervient au moment où de très nombreuses personnes déplacées ont besoin d'assistance humanitaire, notamment de vivres, d'abris, d'eau, et de soins de santé et de sanitaires.

 

«La Mission condamne toutes ces allégations récurrentes de violations graves des droits de l'homme attribuées aux éléments du M23 et réitère son appel au M23 d'assurer le plein respect des droits de l'homme et du droit international humanitaire », affirme Abdallah Wafy, Représentant spécial adjoint du Secrétaire Général des Nations Unies en RDC, chargé de l'Etat de droit. M. Wafy poursuit : «La MONUSCO prévient le M23 qu'il sera tenu pour responsable du sort de toute personne enlevée ou recrutée de force par ses éléments ».

 

Il est à rappeler par ailleurs, que Sultani Makenga et plusieurs autres responsables du M23 ont été impliqués par le passé, dans des violations graves des droits de l'homme, notamment des exécutions extra-judiciaires massives commises à Kiwanja, les 4 et 5 novembre 2008.

La MONUSCO réitère son engagement à assurer la protection des civils y compris les enfants qui subissent également les exactions et brimades du M23.


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