Pillay demande à Israël de revoir une loi qui déplacerait des milliers de Bédouins

Une colonie israélienne vue de la communauté de bedouins palestiniens de Oum-al-Kher. Photo: OCHA

25 juillet 2013 – La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a exhorté jeudi Israël à reconsidérer un projet de loi qui entraînerait la démolition de 35 villages bédouins et forcerait 40.000 membres de cette communauté à abandonner leurs foyers ancestraux.

« En tant que citoyens d'Israël, les Bédouins arabes doivent jouir des mêmes droits à la propriété, au logement et aux services publics que n'importe quel autre groupe en Israël », a déclaré Mme Pillay. «Le Gouvernement doit reconnaître et respecter les droits spécifiques des communautés bédouines, y compris leurs revendications sur la terre ».

En première lecture, ce projet de loi, connu sous le nom de loi Prawer-Begin, a été adopté par une courte majorité à la Knesset le 24 juin. Il doit maintenant passer en deuxième et troisième lectures avant la fin juillet, indique dans un communiqué le Bureau du Haut-commissariat aux droits de l'homme (HCDH).

Mme Pillay s'est dit vivement inquiète que ce projet de loi ne cherche à légitimer le déplacement forcé et la dépossession des communautés autochtones bédouines installées dans le désert du Néguev, au sud d'Israël, sans reconnaître les titres fonciers qu'elles possèdent traditionnellement dans la région.

Au lieu de cela, le projet de loi offre aux Bédouins une compensation limitée, à la condition, de surcroît, qu'ils gagnent l'une des sept zones urbaines de peuplement bédouin officielles créées par le Gouvernement.

«Si cette loi devait voir le jour, elle accélérerait, au nom du développement, la destruction de communautés bédouines entières, en les forçant à abandonner leurs maisons, en les privant de leurs droits de propriété foncière et en portant un coup fatal à leur mode de vie traditionnel», s'est alarmé Mme Pillay.

La Haut Commissaire a également rappelé que la Commission Goldberg mise en place en 2008 par le Gouvernement israélien avait reconnu que les Bédouins du Néguev devaient être considérés comme des citoyens égaux ayant des liens historiques avec la terre et qu'ils étaient des résidents légitimes du Néguev.

« Le respect des droits légitimes des minorités est un principe fondamental dans toute démocratie », a-t-elle dit, ajoutant qu'il était regrettable que le Gouvernement israélien poursuive activement une politique discriminatoire à l'encontre de ses propres citoyens d'origine arabe.

En conclusion, Mme Pillay a indiqué qu'un réexamen du projet de loi devait prévoir un processus véritablement consultatif et participatif impliquant tous les représentants des communautés bédouines dans le Néguev.


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