Conseil : le processus de paix au Moyen-Orient, crucial pour toute la région, dit Robert Serry

Le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry. Photo: ONU/Paulo Filgueiras

23 juillet 2013 – Dans un contexte régional marqué par la crise tragique en Syrie et les récents développements en Egypte, le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, a affirmé mardi devant le Conseil de sécurité que le processus de paix au Moyen-Orient était crucial pour l'avenir de la région.

Il a notamment estimé que des progrès dans le processus de paix et une dynamique plus constructive entre les parties auraient des retombées positives sur la région. M. Serry s'est aussi félicité des efforts diplomatiques intenses menés par le Secrétaire d'État américain, John Kerry, lequel a annoncé qu'une base était posée pour la reprise des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens.

« Des choix difficiles devront être faits des deux côtés », a-t-il prévenu, en expliquant la nécessité pour les deux parties d'obtenir un soutien national en faveur des négociations. Tout en reconnaissant le rôle crucial des États-Unis, M. Serry a souhaité que toute initiative politique bénéficie d'un soutien régional et international.

« L'Autorité palestinienne doit rester un interlocuteur valable », a-t-il souligné, en saluant à cet égard les réunions ministérielles du Comité de la Ligue des États arabes avec M. Kerry et le Président Abbas à Amman.

« Concernant les Nations Unies, le Secrétaire général et moi-même allons maintenir notre engagement pour appuyer les efforts visant la reprise de négociations directes », a assuré M. Serry. Il a aussi souligné le soutien promis par l'Union européenne et par le Quatuor.

Le Coordonnateur spécial a jugé important d'accomplir des progrès tangibles avant la prochaine session de l'Assemblée générale en septembre, en invitant à dessiner un horizon politique crédible en faveur d'une solution à deux États.

« Les négociations doivent s'accompagner d'un engagement sur le terrain, en appelant notamment les parties à prendre des mesures constructives pour favoriser ce processus et à s'abstenir de mesures qui pourraient saper la confiance », a-t-il lancé, avant de plaider pour une amélioration de la situation humanitaire et sécuritaire à Gaza et le renforcement de l'application du cessez-le-feu.

« En dépit de l'annonce faite par Israël de freiner l'implantation de nouvelles colonies de peuplement, la période considérée a été marquée par de nouveaux projets dans ce domaine », a assuré M. Serry.

Il a ensuite réaffirmé la position très claire des Nations Unies concernant la colonisation, laquelle, a-t-il rappelé, va à l'encontre du droit international et des engagements d'Israël en vertu de la Feuille de route. Il a cependant noté qu'Israël avait délivré des permis de visite à Jérusalem pour des résidents palestiniens de Cisjordanie.

Concernant la Syrie, M. Serry a décrit une situation sinistre dans ce pays. « Le Gouvernement syrien continue à utiliser sa force militaire contre les civils et à attirer les combattants étrangers », a-t-il affirmé, avant de regretter que les parties n'aient pas répondu à l'appel du Secrétaire général de cesser la violence pendant le mois sacré du Ramadan.

« Nous continuons à faire de notre mieux pour que la Conférence de « Genève 2 » se tienne le plus rapidement possible, mais il reste encore, a-t-il dit, certains paramètres à fixer», a-t-il déclaré.

Concernant les allégations d'utilisation d'armes chimiques en Syrie, Les Nations Unies ont reçu, à ce jour, 13 rapports qui sont examinés par la mission d'enquête, a poursuivi M. Serry.

La Secrétaire générale adjointe aux affaires de désarmement, Angela Kane, doit d'ailleurs se rendre cette semaine à Damas avec Aki Sellström, qui conduit cette mission, afin de définir les modalités de coopération nécessaire à cette enquête.

Le Coordonnateur spécial a ensuite rappelé que dans sa déclaration présidentielle du 10 juillet dernier le Conseil de sécurité avait appelé à redoubler d'efforts pour éviter les retombées du conflit syrien sur le Liban.

M. Serry a évoqué les violences récentes, notamment à Tripoli, avant de prévenir des risques d'escalade de cette violence. Enfin, il a souligné l'appel du Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, pour que les réfugiés palestiniens au Liban se désassocient du conflit syrien.


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