Conseil de sécurité : le Burundi à la croisée des chemins, pour le chef du Bureau de l'ONU

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Burundi, Parfait Onanga-Anyanga. Photo: ONU/Evan Schneider

22 juillet 2013 – Le Burundi a réalisé d'importants progrès pour sortir de la violence mais d'énormes défis demeurent en matière de lutte contre la faim et la pauvreté, a prévenu, lundi matin, devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef du Bureau des Nations Unies au Burundi (BNUB), Parfait Onanga-Anyanga.

« Le Burundi est à la croisée des chemins », a souligné M. Onanga-Anyanga, qui a particulièrement insisté sur la nécessité, pour la communauté internationale, de mettre en œuvre toutes les promesses faites lors de la Conférence des partenaires au développement du Burundi, qui s'était tenue à Genève en octobre 2012.

Les partenaires du Burundi doivent aider ce pays à sortir du « marasme économique actuel », qui, a-t-il dit, « menace de remettre en cause les acquis d'une stabilité encore fragile ».

Les Burundais continuent de faire face à un taux très élevé de pauvreté et luttent quotidiennement « pour joindre les deux bouts », a-t-il indiqué, en précisant que si les prévisions pour 2013 projettent un taux de croissance en légère progression à 5,3%, cette croissance ne contribue pas à réduire la pauvreté.

Par ailleurs, le Burundi accueille environ 50 000 réfugiés, dont la plupart proviennent de la République démocratique du Congo (RDC) --principalement des femmes et des enfants--, tandis qu'on dénombre environ 80 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays.

Le Chef du BNUB a cependant salué d'importants progrès réalisés en faveur du dialogue politique, en particulier dans le cadre d'ateliers organisés dans le pour les préparatifs des prochaines élections de 2015.

L'un de ces ateliers, qui s'est tenu en mars dernier, a permis de réunir tous les acteurs et partis politiques burundais, y compris ceux qui étaient en exil, et de parvenir à un consensus sur les éléments d'une « feuille de route » pour ces élections, a-t-il rappelé.

« C'était la première fois, depuis 2010, que tous les acteurs politiques, y compris ceux qui étaient à l'extérieur du pays, se réunissaient pour discuter de l'avenir du pays », a-t-il souligné.

Le Chef du BNUB s'est toutefois dit très préoccupé par des informations selon lesquelles les « Imbonerakure », l'aile des jeunes du parti gouvernemental (CNDD-FDD), auraient harcelé des citoyens et commis des crimes pour des raisons politiques.

M. Onanga-Anyanga a enfin exprimé son inquiétude concernant la situation globale en matière des droits de l'homme, précisant que 20 cas d'exécutions extrajudiciaires, ainsi que 11 cas de torture et de 80 cas de traitements cruels, inhumains et dégradants, avaient été documentés au cours des six premiers mois de l'année. « Ceci marque, a-t-il dit, une augmentation par rapport à la même période l'an dernier. ».

Ces observations et préoccupations ont été, en grande partie, partagées, ce matin, par le Président de la formation Burundi de la Commission de consolidation de la Paix, Paul Seger, de la Suisse, venu faire le point sur la visite qu'il a effectuée à Bujumbura, entre le 24 et 28 juin.

M. Seger a déclaré avoir quitté la capitale burundaise empreint de « sentiments mixtes » et a encouragé le Gouvernement burundais à faire preuve « de leadership politique » et à redoubler d'efforts pour entreprendre les importantes réformes en matière de bonne gouvernance politique et économique. « Celui ou celle qui a couru un marathon sait que les 10 derniers kilomètres sont les plus durs », a-t-il fait remarquer.

Bien que le mandat du BNUB ne sera discuté que dans six mois, après la publication des résultats de la mission d'évaluation du Secrétaire général au Burundi, M. Seger a tenu, d'ores et déjà, à recommander au Conseil de sécurité le maintien du Bureau des Nations Unies au Burundi, au moins jusqu'aux élections de 2015. « Nous n'avons pas encore atteint le moment de nous désengager », a-t-il conclu.


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