Les droits humains doivent être au cœur de l'aide au développement du Japon, dit un expert de l'ONU

L’expert indépendant des Nations Unies sur la dette extérieure et les droits de l’homme, Cephas Lumina. Photo: ONU/Jean-Marc Ferré

22 juillet 2013 –

L'expert indépendant des Nations Unies sur la dette extérieure et les droits de l'homme, Cephas Lumina, a invité lundi le Japon à intégrer systématiquement les principes des droits de l'homme lors de l'élaboration et la mise en œuvre de sa politique de coopération internationale.

« En mettant l'accent sur l'égalité, la non-discrimination, la participation, l'autonomisation et la transparence, une approche basée sur les droits de l'homme améliorera l'efficacité de l'aide au développement du Japon », a affirmé M. Lumina, citant les exemples du Canada, de la Norvège ou bien encore de la Finlande.

Il a aussi demandé plus de transparence dans les prêts consentis par le Japon, ainsi que dans les assurances à l'exportation apportées par les institutions japonaises pertinentes.

« Les efforts visant à intensifier les investissements du Japon doivent respecter les normes internationales des droits de l'homme et du droit du travail, en particulier les principes directeurs de l'ONU en matière de droits humains et de dette extérieure », a lancé l'expert, qui a conclu une visite de quatre jours dans le pays.

« Les activités commerciales japonaises à l'étranger devraient en outre faire l'objet d'une régulation accrue afin de remédier à l'évasion fiscale et aux autres formes de fuite des capitaux, qui sapent la capacité des pays à mobiliser suffisamment de ressources domestiques pour leur développement », a affirmé M. Lumina.

L'aide au développement du Japon a baissé au cours des dernières années, le budget alloué en 2013 ayant baissé de 52,3% par rapport à 1997. En 2012, cette aide ne représentait que 0,17% du PIB du Japon, bien en deçà de la cible onusienne fixée à 0,7% du PIB.

Enfin, M. Lumina a préconisé d'impliquer les organisations non gouvernementales des pays récipiendaires de l'aide japonaise, afin de renforcer la transparence dans l'utilisation des fonds. Il a aussi invité le Gouvernement du Japon à assurer le suivi de son engagement à mettre en place une institution nationale indépendante pour les droits de l'homme.


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